Chronique des matières premières

Sénégal: le bio se labellise

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La Fédération nationale pour l'agriculture biologique veut désormais labélliser, fiabiliser et investir dans ce secteur, pour à terme proposer des produits bio sous le label « Bio Sénégal ».
La Fédération nationale pour l'agriculture biologique veut désormais labélliser, fiabiliser et investir dans ce secteur, pour à terme proposer des produits bio sous le label « Bio Sénégal ». ©FENAB

Le Sénégal aura-t-il bientôt sa filière bio ? Alors que les autorités s'orientent vers une agriculture productiviste pour répondre aux besoins locaux et développer les exportations notamment d'arachide,  une fédération locale vient de lancer un ambitieux projet avec l'objectif de certifier à terme la filière de l'agriculture biologique.

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Au Sénégal, nombre de paysans cultivent bio sans le savoir. L'agriculture traditionnelle, héritée d'un savoir-faire ancien, d'une connaissance des semences, des saisons, de l'association de plantes pour lutter contre les  parasites, est très répandue. La Fédération nationale pour l'agriculture biologique veut désormais labelliser, fiabiliser et investir dans ce secteur.

Avec l'appui de l'ONG Suisse HEKS/EPER, la FENAB va travailler avec 500 producteurs répartis sur l'ensemble du territoire pour créer à terme un système qui garantira l'origine biologique des produits, fruits et légumes notamment, qui seront proposés à la vente sous le label « Bio Sénégal ».

Pour y arriver, le président de la FENAB, Doudou Diop, a appelé les autorités à appuyer ce projet comme elles le font pour la filière agricole traditionnelle : « les organisations paysannes impliquées dans le bio doivent être subventionnées autant en intrants qu'en matériel agricole ». En développant ce Label, l'idée c'est de consommer des aliments sains mais aussi de remettre au goût du jour une idée que défendait à l'époque le Président du Faso Thomas Sankara : « Produire local et consommer local ».

Fatou Bocoum qui travaille à la fédération des femmes rurales du Sénégal appuie également dans cette direction. Et met en avant les problèmes de santé publique liés à l'agriculture intensive : « Aujourd'hui, il faut que l'on reconsidère toutes les pratiques traditionnelles, les faire revenir avec moins de pesticides, opter pour une agriculture traditionnelle, laquelle n'use pas de pesticides ».

Madame Bocoum alerte donc, dans les villages, sur l'utilisation des produits chimiques utilisés dans l'agriculture, parfois importés de façon illégale au Sénégal : « Il y a la dioxine, le fluor, le furane qui se trouvent dans les pesticides, ces produits toxiques se retrouvent dans l'organisme ».

Ces deux acteurs ont donc des ambitions communes et font aujourd'hui le même constat : développer le bio est une alternative qui doit être nécessairement appuyée, soutenue et financée par l'État.

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