Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

L’Argentine à nouveau dans la zone de danger

Audio 04:32
Un billet de 100 pesos, monnaie de l'Argentine.
Un billet de 100 pesos, monnaie de l'Argentine. Casa de Moneda /wikimedia.org

Le spectre d'une nouvelle crise financière plane sur l'Argentine. La semaine dernière le gouvernement a employé les grands moyens pour empêcher la chute du peso: le taux d'intérêt a été rehaussé à 40%, un record mondial.

Publicité

Un économiste argentin parle de « chimiothérapie de choc » pour qualifier les remèdes employés par la banque centrale d'Argentine. Sa première intervention pour stopper la dégringolade du peso a été comme nulle et non avenue ; il en fallu une deuxième puis une troisième pour enfin stabiliser la monnaie. Son taux directeur est donc passé en quelques jours de 27 à 40%, un record absolu. En augmentant le loyer de l'argent les autorités monétaires cherchent à dissuader les épargnants affolés de vendre leur peso. La banque centrale a aussi dépensé en quelques semaines 7 milliards de dollars pour soutenir sa monnaie. Et cela a fini par payer: hier lundi la monnaie argentine est restée stable mais les autorités continuent à surveiller le marché des changes comme le lait sur le feu car les finances de l'Argentine sont encore extrêmement fragiles.

Pourquoi le peso a-t-il dévissé ?

C'est d'abord la faute du dollar. Comme les taux américains ont beaucoup remonté ces derniers temps les investisseurs qu'on qualifie de touristes ont eu tendance à délaisser les destinations exotiques comme l'Argentine ou la Turquie pour revenir vers le billet vert. Le choc est extrêmement violent pour tous les pays émergents, et il peut être fatal pour un pays comme l'Argentine où la confiance est encore toute relative. La semaine dernière le mouvement de départ des fonds étrangers a provoqué une véritable panique parmi les Argentins, craignant de revivre un nouveau tsunami, comme le défaut de 2001 dont le pays ne s'est pas encore remis. Mauricio Macri est arrivé au pouvoir en promettant d'assainir les finances, mais les promesses ne se sont pas encore concrétisées. En deux ans et demi au pouvoir il n'a rien pu faire contre l'inflation. Aujourd'hui comme hier, elle est de 20%. Et les dépenses publiques sont toujours supérieures aux recettes. Pour rebrancher son pays avec le reste du monde, le président de centre droit avait commencé par solder la dette des fonds vautours, l'héritage de 2001 et par laisser flotter la monnaie.

Ce retour au réel est coûteux.

En décembre 2015, la monnaie argentine a alors rapidement perdu 10% de sa valeur face au dollar, et elle a subi une dégringolade du même ordre la semaine dernière. Ces turbulences sur le marché des changes mettent à rude épreuve la troisième voie choisie par Mauricio Macri. Car il doit maintenant poursuivre une politique qui sera douloureuse pour les ménages. Le ministre des Finances veut resserrer les cordons de la bourse, son objectif de déficit a été revu à la baisse. Cela veut dire moins d'investissements dans les infrastructures, voire moins de prestations sociales. Les Argentins ont donc encore des années difficiles devant eux. Mais le traumatisme du défaut de 2001 est encore présent dans les esprits, malgré les efforts qui leur sont demandés, ils continuent à faire confiance à Mauricio Macri : d'après un sondage effectué en début de semaine il reste le favori, largement en tête des intentions de vote et l'écart avec Cristina Kirchner avoisine toujours les 10%.

►En bref,

En avril la Chine a encore gonflé son excédent commercial avec les Etats-Unis.

D'après les chiffres publiés ce mardi matin, la Chine a renoué en avril avec des excédents mondiaux record. Ses exportations ont globalement augmenté de 13% par rapport à l’an dernier. Et avec les Etats-Unis l'excédent a enflé de plus de 4% par rapport à avril 2017. Voilà qui va encore énerver Donald Trump. Le président américain veut à tout prix que le déficit avec la Chine se réduise d'au moins 200 milliards d'ici 2020, il était l'an dernier de 375 milliards. Cet objectif est l'un des enjeux des négociations en cours. Les pourparlers reprennent la semaine prochaine à Washington.

Le Venezuela détient le record mondial de l'inflation

On est bien dans ce pays au stade de l'hyper inflation avec un taux de 14 000% pour l'année 2017 d'après les chiffres fournis par le Parlement. En avril les prix ont augmenté de 80%. Cela porte l'inflation à 900% pour les quatre premiers mois de 2018.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.