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Bonjour l'Europe

Italie: vers la constitution d’un géant européen de l’acier ?

Audio 03:29
Un employé de Arcelor Mittal ici, en Allemagne, le 5 février 2016. (Photo d'illustration).
Un employé de Arcelor Mittal ici, en Allemagne, le 5 février 2016. (Photo d'illustration). REUTERS/Fabian Bimmer

Un nouveau pas est franchi vers la constitution d’un géant européen de l’acier. La Direction de la concurrence de la Commission européenne a donné son feu vert à la reprise du groupe italien Ilva par le leader mondial de la sidérurgie Arcelor Mittal. C’est l’épilogue de dix ans d’errance pour la vieille usine de Tarente, dans les Pouilles.

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de notre correspondante à Rome, Anne Tréca

C’est peut être une page de l’histoire industrielle italienne qui se tourne. Les installations de Tarente, au Sud, dans le talon de la botte, ont 100 ans. C’est le premier pôle sidérurgique d’Europe.Au bord de l’asphyxie financière, celui-ci tourne au ralenti depuis trois ans, et sous la tutelle du gouvernement. Avec cette reprise, il pourrait produire jusqu’à 10 millions de tonnes d’acier par an.

A Rome, le ministre Calanda se dit satisfait de l’offre d’Arcelor Mittal,  présenté ici comme le sauveur de milliers d’emplois dans une région sinistrée. Et le nettoyeur aussi d’une zone archi polluée, où la mortalité était très supérieure à la moyenne nationale. A Tarente, l’Italie avait construit au bord de la mer un monstre environnemental qui avait défrayé la chronique dans les années 90.

à (ré)écouter: Mourir de faim ou de pollution, le cas dramatique de l’usine Ilva de Tarente

La Commission met des conditions très strictes à cette reprise

Le feu vert Bruxelles n’est pas inconditionnel. L’opération doit répondre à un cahier des charges précis rédigé par la commissaire danoise Margrethe Verstaeger.  Tout d’abord  Arcelor Mittal devra dépenser plus d’un milliard d’euros pour dépolluer le site. Il devra aussi assurer une production d’acier «propre», selon des normes nouvelles. Ensuite, pour ne pas prendre une position trop dominante sur le marché européen, le leader mondial de l’acier devra aussi revendre plusieurs unités de productions qu’il possède en Belgique et au Luxembourg, en Macédoine, en Roumanie et en République tchèque. L’opération aura des répercussions sur tout le continent.

Il reste des obstacles

Il va falloir maintenant que les Italiens se mettent d’accord entre eux... et ce n’est pas gagné ! Les syndicats tout d’abord sont loin d’applaudir. Les représentants des salariés veulent l’assurance du maintien de 14.000 emplois. Le repreneur indien n’en promet qu’un peu plus de la moitié. Une partie des syndicats de travailleurs est prête au dialogue, mais pas la centrale la plus représentative de la filière.

Ensuite l’Italie est en pleine crise institutionnelle. Le Parlement est fermé. Deux mois après les dernières élections, les partis ont échoué à former un nouveau gouvernement. Le ministre sortant - en charge des affaires courantes - aura-t-il le temps de procéder au rachat ou bien sera-t-il rattrapé par de nouvelles élections possibles en juillet ? Et quelle est sa marge de manœuvre ? La situation à Rome est confuse. D’autant que le parti numériquement le plus puissant aujourd’hui dans les Pouilles c’est le Mouvement 5 Etoiles, qui justement refuse toute restructuration industrielle à Tarente et réclame une reconversion complète du site.

La politique peut entrainer les affaires dans sa paralysie. En fait, la reprise d’Ilva par Arcelor Mittal ne se fera peut être jamais.

à (re)lire: Acier: une convalescence fragile

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