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Aujourd'hui l'économie

Italie: les antisystèmes pourront-ils contenter leurs électeurs et Bruxelles?

Audio 03:59
Le président italien Sergio Mattarella.
Le président italien Sergio Mattarella. AFP/Juan Mabromata

En Italie, on attend toujours que la Ligue d'extrême droite et le Mouvement Cinq Etoiles se mettent d'accord pour la formation d'un gouvernement. Ça n'est pas encore fait. L'occasion de revenir sur les défis économiques qui attendent le prochain gouvernement, quel qu'il soit. Il devra répondre à deux objectifs difficilement conciliables : tenir les promesses faites aux électeurs tout en respectant les engagements européens en matière budgétaire notamment.

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Les deux partis eurosceptiques, tandem inédit en Europe occidentale, demandent quelques jours de plus pour élaborer leur « contrat de gouvernement » et former une équipe. Les discussions butent entre autres sur le nom du futur président du Conseil.

Pour ce qui est du programme économique, les deux formations ont promis à leurs électeurs la fin de l’austérité, incarnée par le gouvernement de Mario Monti en 2011, juste après la crise et qui avait plongé le pays dans une nouvelle récession, faisant basculer de nombreux Italiens dans la pauvreté.

Pour les deux partis, il s’agit donc de relancer les dépenses

La Ligue a promis à ses électeurs une révolution fiscale. Finalement, après des jours de négociations, il ne s’agirait plus d’un impôt à taux unique, mais de 2 taux d’imposition à 15 % et à 20 %.

Le Mouvement Cinq étoiles, lui, serait parvenu à faire figurer au programme, son revenu de citoyenneté, 780 euros par mois destiné à aider les plus pauvres, en particulier dans le sud du pays. Et puis les deux formations veulent supprimer la réforme des retraites du gouvernement Monti, jugée injuste, qui fixe l’âge de départ à la retraite à 66 ans puis à 67 ans à partir de 2019.

Quelle que soit sa composition, le futur exécutif trouvera un chantier énorme, une dette publique qui atteint 130 % du PIB, un secteur bancaire toujours fragile, une pauvreté grandissante et un chômage endémique, en particulier chez les jeunes.

Un coût estimé à 100 milliards d’euros

Si elles devaient être appliquées, car pour le moment, ce n’est encore que de l’encre sur du papier. Cela devrait coûter cher. La presse italienne estime à environ 100 milliards d’euros le coût de ces réformes.

Evidemment, le risque, c’est que l’Italie renoue avec un déficit budgétaire monstre alors qu’elle est aujourd’hui plutôt conforme aux règles de la zone euro. Mais la Ligue, comme les Cinq étoiles, a toujours vilipendé l’obsession de l’équilibre budgétaire imposé par l’Union européenne. Et tous les deux veulent renégocier les termes des traités européens.

Vers une confrontation avec Bruxelles ?

Là est toute la question. Les autres capitales européennes suivent de très près la situation de la troisième économie de l’euro. Plusieurs indices montrent que pour le moment, on n’assiste pas au scénario catastrophe imaginé au départ.

D’abord, dans les négociations en cours, la Ligue du nord ne parle plus de sortie de l’euro, alors qu’elle le promettait lors de la campagne. Mais rappelons-le, ce parti a gagné les élections en s’alliant avec Silvio Berlusconi pour qui un « Itexit » est hors de question.

Des membres des deux partis cités par la presse estiment qu’une approche plus pragmatique devrait s’imposer. Quitte à justifier certaines reculades comme un compromis fait à l’autre parti. N’oublions pas aussi qu’il ne sera, quoi qu’il en soit, pas facile de faire voter les mesures au Parlement, car le tandem n’y a pas la majorité.

Et puis, il est une personnalité qui veille au grain, c’est Sergio Mattarella, le président de la république, issue de la vieille tradition démocrate-chrétienne. C’est dans son palais du Quirinal que les deux partis viennent présenter l’avancée de leurs négociations. Armé de toute sa patience, le vieux sicilien l’a dit : « je ne serai pas un notaire et je veillerai à ce que l’Italie respecte ses engagements européens, dont celui de l’équilibre budgétaire ». A suivre donc.

 

EN BREF

C’est aujourd’hui que le groupe franco-néerlandais Air France-KLM se choisit un nouveau patron
Le PDG Jean-Marc Janaillac avait démissionné en début de mois après un désaveu de ses salariés en grève. Le Conseil d’administration doit aujourd’hui lui trouver un remplaçant intérimaire. L’administratrice indépendante Anne-Marie Couders est pressentie, le temps de trouver un successeur. Il n’y a pas de calendrier pour cela. Mais pour l’Etat français, actionnaire du groupe, la priorité du futur PDG devra être de rétablir le dialogue social d’abord, puis rétablir la compétitivité.

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