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Chronique des matières premières

A travers les sanctions les Etats-Unis défendent-ils leur gaz?

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Le complexe d'exploitation du gisement de gaz iranien de South Pars.
Le complexe d'exploitation du gisement de gaz iranien de South Pars. AFP PHOTO / ATTA KENARE

Les Etats-Unis sont devenus une puissance gazière, capable d’expédier à l’autre bout des océans des cargaisons de gaz naturel liquéfié ou GNL. L’administration de Washington chercherait-elle, à travers ses sanctions contre l’Iran, l’Europe et la Russie, à défendre ses exportations de gaz vers l’Europe ?

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C’est ce que semblait dire le commissaire européen à l’Énergie Miguel Arias Cañete : à travers les sanctions contre l’Iran, source d’approvisionnement potentielle importante de gaz naturel liquéfié pour l’Europe, les Etats-Unis chercheraient à protéger leurs propres exportations américaines de GNL vers l’Europe.

Les nouvelles sanctions américaines contre Téhéran ont déjà dissuadé de gros investissements européens dans le secteur du gaz en Iran, on l’a vu avec l'annonce du retrait de Total de South Pars. Le méga-gisement gazier iranien risque de ne pas être développé de sitôt, même avec le renfort de la Chine.

Le gaz iranien n’ira pas à l’export

Les sanctions américaines, admet Pierre Terzian de Pétrostratégie, rendront impossible les exportations de gaz iranien en dehors des pays limitrophes. D’autres spécialistes nient qu’il y ait un duel gazier entre les Etats-Unis et l’Iran. Puisque le développement du gaz iranien est avant tout destiné au marché intérieur, soulignent de concert les experts Francis Perrin et Thierry Bros, pour faire tourner les centrales électriques du pays.

Il n’empêche que les sanctions reportent aux calendes l’essor d’un véritable secteur d’exportation de gaz en Iran, le pays qui possède les plus grandes réserves au monde après la Russie.

Trump ne veut pas de Nord Stream 2

Dans le cas de la Russie, justement, la rivalité gazière avec les Etats-Unis semble plus claire. Donald Trump a même demandé à Angela Merkel, en échange d’une annulation des sanctions contre l’acier et l’aluminium européens, d’abandonner le projet Nord Stream 2 qui doit doubler l’an prochain les quantités de gaz russes transportées sous la Baltique vers l’Union européenne. Trump pousse plutôt à relancer le transit via l’Ukraine, pays allié des Etats-Unis mais fournisseur gazier peu fiable pour l’Europe.

Doubler le Qatar en 2022

Pendant ce temps les Etats-Unis ont multiplié par six leurs propres capacités d'exportation de GNL en un an, avec l'entrée en service de deux nouveaux trains de liquéfaction à Sabine Pass, en Louisiane. Dans moins de cinq ans, selon l'Agence internationale de l'Énergie, ils seront le numéro deux mondial du GNL, derrière l’Australie et devant le Qatar. Et ils cherchent fatalement à sécuriser des débouchés en Asie comme en Europe.

GNL américain 20% plus cher

Mais pour l’instant ils ne sont pas en mesure de prendre des engagements fermes et définitifs de volume, souligne Philippe-Sébille Lopez de Geopolia. Le prix de leur GNL est également 20% plus cher que le gaz russe, les Européens n'ont pas intérêt à l'acheter sauf de façon saisonnière.

Pour l’instant la seule conséquence tangible des pressions américaines, c’est que l’Europe se rapproche des Russes : Bruxelles a abandonné ses poursuites contre Gazprom en échange de concessions du groupe russe sur ses tarifs en Europe.

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