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Nouvelles technologies

Le premier film contrôlé par la pensée

Audio 02:09
A chaque changement d’humeur, la machine modifie l’histoire, le rythme des scènes ou le style de musique, soit plus de 101 000 milliards de combinaisons possibles, selon le scientifique et metteur en scène.
A chaque changement d’humeur, la machine modifie l’histoire, le rythme des scènes ou le style de musique, soit plus de 101 000 milliards de combinaisons possibles, selon le scientifique et metteur en scène. Getty/Jim Wehtje

Le premier film dont votre cerveau est le réalisateur vient d’être créé par un chercheur du Royaume-Uni. Le court-métrage The Moment décrit un futur où les humains seront tous interconnecté par la pensée.  Le film, à l’aide de casques qui captent les influx nerveux des spectateurs, évoluera au fur et à mesure de l’état émotionnel de leurs psychés. 

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Les casques dénommés électroencéphalographe ou casque EEG donnent la possibilité d’analyser les ondes qui traversent nos cerveaux. Ces systèmes portatifs sont de plus en plus efficaces et relativement discrets, ils offrent aujourd’hui le pouvoir d’actionner les commandes d’un ordinateur avec un minimum de concentration mentale.

Leur usage se généralise notamment dans les jeux vidéo ou pour manipuler un instrument de musique virtuel. Si on est aujourd’hui capable de piloter des images sur un écran avec ce procédé, pourquoi ne pas diriger le dérouler d’un film complet en fonction de notre humeur, a réalisé un chercheur de l’Université de Nottingham au Royaume-Uni.

Intitulé « The Moment », le premier court métrage au monde contrôlé par la pensée propose à ses spectateurs de choisir l’évolution des scènes qui s’affichent à l’écran. Le film dure 27 minutes, son histoire raconte un futur presque probable quand tous les cerveaux des êtres humains seront interconnectés ensemble. L’intrigue met en scène certains individus qui résistent à ce système, des hors-la-loi de la pensée unique qui seront pourchassés par des hordes de miliciens.

Lors de la diffusion de l’œuvre, l’influx nerveux des spectateurs équipés chacun d’un casque EEG est analysé par ordinateur. Selon les activités émotionnelles qui seront mesurées, certaines scènes, musiques ou effets spéciaux vont se transformer. Cette modification s’effectue sans effort de la part des spectateurs, « le film change en fonction de ce que vous pensez et ce que vous pensez change le film qui devient ainsi une partie de votre esprit » précise son concepteur indiquant qu’il se contente de mesurer le degré d’attention des participants toutes les six secondes environ. 

A chaque changement d’humeur, la machine modifie l’histoire, le rythme des scènes ou le style de musique, soit plus de 101 000 milliards de combinaisons possibles, selon le scientifique et metteur en scène. « The Moment » a nécessité d’enregistrer trois fois plus de scène et six fois plus de musique pour parvenir à ce résultat. Pour l’instant, cette interaction est destinée à une seule personne, mais son inventeur imagine déjà adapter son concept à des salles entières en calculant la moyenne des émotions du public pour modifier le déroulé d’un film.

Toutefois, rien n’indique si ce type de projection serait interrompu lors de la diffusion d’un « nanar » absolu, qui afficherait ainsi sur un écran noir, le ressentiment de tous les cinéphiles présents dans la salle.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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