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Aujourd'hui l'économie

Pourquoi la guerre commerciale est un cauchemar pour les patrons américains

Audio 04:32
« Chaque fois que les Etats-Unis ont été impliqués dans une guerre commerciale cela a débouché sur un retournement de l'économie américaine » rappelle le patron de Starbucks, Howard Shultz.
« Chaque fois que les Etats-Unis ont été impliqués dans une guerre commerciale cela a débouché sur un retournement de l'économie américaine » rappelle le patron de Starbucks, Howard Shultz. Sillygwailo/wikimedia.org

Le G7 se réunit demain à Québec dans un climat tendu: les Européens comme les Canadiens et les Japonais contestent la dérive protectionniste du président Trump. Ils ont aujourd'hui de nouveaux alliés sur le sol américain: les patrons, majoritairement hostiles à cette politique commerciale.

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Les patrons américains ont adoré la baisse massive des impôts. Même si bien peu l'ont transformé en investissements et en recrutements comme l'avait promis Donald Trump. En revanche les barrières douanières que le président veut ériger à toutes les frontières des Etats-Unis provoquent une réaction de rejet parmi la plupart d'entre eux. Y compris chez les plus conservateurs. Les frères Koch, des milliardaires très actifs dans le financement de la vie politique américaine, et favorables à la présidence Trump, sont en train d'opérer un virage à 180°. Ils vont dépenser des millions de dollars pour faire la promotion du libre échange. Par l'intermédiaire de leurs groupes d'influence ils demandent au président d'effacer toutes les hausses de taxes décidées ces derniers mois sur les produits importés, ils veulent aussi une vraie renégociation de l'Alena et ils souhaitent que les Etats Unis rejoignent le traité transpacifique que Donald Trump a décidé de quitter.

Les patrons américains redoutent les conséquences négatives de la guerre commerciale qui se profile

«Chaque fois que les Etats-Unis ont été impliqués dans une guerre commerciale cela a débouché sur un retournement de l'économie américaine» rappelle le patron de Starbucks, Howard Shultz, membre de l'organisation patronale Business Roundtable. Un avis partagé par la plupart des autres membres de cette association qui représente 6 millions d'emplois. 95% des patrons estiment que les nouvelles barrières douanières mettent en danger les exportations américaines. Leur moral, toujours porté par les excellentes performances de l'économie américaine est en train de flancher. C'est ce qui ressort du baromètre publié en début de semaine par Business Roundtable. Cet indice trimestriel reste orienté au beau fixe, mais pour la première fois depuis deux ans, il recule, fortement, de 7 points. Les entrepreneurs sondés disent qu'ils préfèrent reporter des investissements et des embauches à cause des mesures protectionnistes, car ils s'attendent à une chute des ventes.

Les sidérurgistes en revanche soutiennent les nouveaux tarifs douaniers

Ils sont aux anges et ce sont à peu près les seuls. Les producteurs d'aluminium sont plus réservés, surtout quand ils ont des usines au Canada comme Alcoa. Dans l'industrie, les patrons sont globalement contre: les constructeurs automobiles tout comme les fabricants de canette en alu savent que leurs coûts vont augmenter ; et l'industrie textile s'inquiète des sanctions européennes qui porteront notamment sur les jeans. L'agro-alimentaire elle est aux cents coups avec l'avalanche de représailles sur les produits agricoles. Les plus dépités sont les farmers: les soutiens de la première heure du président Trump sont les premières victimes de cette guerre commerciale. Les représailles déclarées par le Mexique sur le porc et le fromage, les menaces brandies par la Chine sur le soja et par l'Europe sur le jus d'orange et le maïs sont catastrophiques pour eux car une large part de leur production est destinée à l'exportation vers ces pays.

Le mécontentement des patrons américains peut infléchir la position de Donald Trump ?

En fait d'après un sondage réalisé au mois de mai pour le New York Times, 78% des électeurs républicains approuvent les mesures protectionnistes du président. Et cela doit être à peu près la seule boussole qui guide le chef de la Maison Blanche, qui n'a qu'une idée en tête, les élections de mi-mandat prévu en novembre prochain.

►En bref,

A suivre aujourd'hui en France l'audition du patron de Lactalis devant les parlementaires

Son groupe laitier est embourbé depuis un an dans une affaire de contamination aux salmonelles, une trentaine de bébé ont été affectés en buvant son lait infantile. Emmanuel Besnier va devoir enfin s'expliquer sur ce qui s'est passé dans son usine et surtout sur la déplorable gestion de l'affaire. Ses avocats ont même tenté de faire capoter cette commission d'enquête parlementaire.

En Jordanie la rue continue à protester contre un projet de hausses des taxes

Les manifestants qui attendent la rupture du jeûne pour aller dans la rue se sont retrouvés pour la septième nuit consécutive à un carrefour de la capitale Amman. La démission du Premier ministre n'a pas suffi à les calmer. Ils veulent l'abandon pur et simple de la réforme fiscale fortement recommandée par le FMI en échange d'un programme de soutien.

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