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Reportage international

Autriche: journée de travail à 12 heures

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Le gouvernement autrichien (Image d'illustration)
Le gouvernement autrichien (Image d'illustration) BARBARA GINDL / APA / AFP

En Autriche, la durée maximale autorisée de travail passera bientôt - dès septembre prochain - à 12 heures par jour, contre 10 actuellement, et à 60 heures par semaine contre 50 actuellement. Ainsi, en a décidé le gouvernement autrichien, une coalition entre la droite et l’extrême droite. Une mesure très critiquée, car adoptée très rapidement par les députés et quasiment sans concertation avec les syndicats, au début du mois de juillet. Quelques jours avant pourtant, le 30 juin, entre 80 000 et 100 000 personnes avaient manifesté contre cette mesure dans les rues de Vienne, la manifestation la plus importante depuis que le nouveau gouvernement est au pouvoir. Des opposants qui comptent bien poursuivre leur mouvement.

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Yppenplatz, l’un des quartiers les plus animés du 16e arrondissement viennois. Ici, les vitrines des cafés, les panneaux et les trottoirs arborent la même vignette : le nombre 12 barré d’un trait rouge. Le ton est donné : la plupart des habitants interrogés se disent contre l’augmentation de la durée maximale de travail à 12h par jour.

« C’est une mesure de rigueur qui concerne tous les salariés. Certains sont déprimés, car ils vont se retrouver sous pression au travail. ».

« J’ai déjà participé à la grande manifestation de juin dernier et je suis prête à retourner dans la rue à tout moment pour montrer mon opposition à la journée de 12h. »

« J’ai travaillé pendant un an à 60h par semaine : quand j’ai terminé, j’étais lessivé, en situation de burnout. »

Des critiques balayées par la chambre de commerce autrichienne. Selon l’institution, cette mesure de « flexibilité » est nécessaire, car elle permet de mieux s’adapter aux besoins des travailleurs et notamment des entrepreneurs. C’est aussi l’avis de Franz Zehetmayer, patron d’une société de couvreurs à Vienne, qui emploie 7 personnes.

« Pour certaines professions, il est normal de travailler 12 heures par jour. Jusqu’à présent, il fallait toujours prendre des mesures d'exception pour cela. Là, on permet de légaliser une situation qui était déjà pratiquée dans les faits. »

Du côté de l’ÖGB, la puissante confédération syndicale, on critique aussi la méthode du gouvernement autrichien, qui a décidé de passer directement par la voie législative, sans prendre le temps de négocier avec les syndicats. Martin Müller, de l’ÖGB.

« Il était d'usage, ces dernières décennies, que dans ces domaines complexes il y ait une négociation entre le ministère, les experts et les partenaires sociaux. Dans le cas de cette loi, cela s'est passé de manière tout à fait différente. On réfléchit donc aujourd’hui aux moyens d'action que nous avons à notre disposition et notamment les mouvements de protestation au sein des entreprises. Et puis les syndicats ont toujours la possibilité de lancer une grève. »

Les sociaux-démocrates, principal parti d’opposition, ont promis de retirer cette loi s’ils revenaient au pouvoir. En attendant, ils seront aux côtés de l’ÖGB dès la rentrée pour poursuivre la contestation contre cette mesure.

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