Accéder au contenu principal
Les preuves, des faits

Les chasseurs sont-ils les premiers écologistes de France?

Audio 03:32
Des chasseurs, lors d'une opération de «panneautage» dans le parc national de Chambord, le 13 février 2018
Des chasseurs, lors d'une opération de «panneautage» dans le parc national de Chambord, le 13 février 2018 AFP/Guillaume Souvant

On a beaucoup parlé d’eux ces dernières semaines, accusés d’avoir contribué à la démission de Nicolas Hulot. Le million de chasseurs français, choyé par Emmanuel Macron qui a décidé de diviser par deux le coût du permis national, les chasseurs sont cependant mal aimés dans l’opinion publique. Ils contre-attaquent avec une grande campagne de communication sur le thème : nous sommes les premiers écologistes de France affichage dans les transports en commun, vidéos, et spots à la radio. Les chasseurs sont-ils les premiers écologistes de France comme ils le prétendent ?

Publicité

Il faut savoir d'où vient cette affirmation, et c'est assez facile à trouver : à côté de ce slogan sur les affiches, il y a le petit astérisque de rigueur qui renvoie vers la source : un sondage réalisé en mai auprès des auditeurs de la radio populaire RMC 60% de « OUI », 40 % de « NON ». Mais quand on regarde d'un peu plus près, ce sondage sur internet a beaucoup circulé sur les sites de chasseurs qui se sont donc mobilisés pour voter oui en nombre.

Ce n'est donc pas très fiable et ce slogan a d'ailleurs été assorti d'un point d'interrogation sur les affiches du métro parisien les autorités de contrôle le trouvaient un peu trop affirmatif.

• Au-delà de ce sondage un peu baroque, les chasseurs ont-ils une action écologique ?

La fédération nationale des chasseurs insiste beaucoup sur le travail de terrain entretien des haies et des fossés, des zones sauvages, mais ce qui est le plus souvent mis en avant c'est la régulation des espèces : le sanglier par exemple. Vu qu'il n'a plus d'autre prédateur naturel que l'homme, il prolifère, occasionnant ainsi des dégâts sur les cultures. La charge revient donc aux chasseurs de contrôler leur population, ce qu'ils font assez mal d'ailleurs puisque celle-ci a progressé de près de 4 % l'année dernière.

Cela peut s'expliquer : puisqu'en fait une bonne partie des animaux tués ne sont pas sauvages et proviennent d'élevages. Un tiers des 30 millions abattus chaque année selon le syndicat national des producteurs de gibier de chasse.

• Difficile de valider cette affirmation de la fédération nationale des chasseurs

Ils peuvent avoir parfois une action écologique, mais de là à se décréter les premiers en France, c'est faire plus qu'extrapoler, et d'ailleurs, ils auraient tort de se priver : il n'y a pas de réel suivi de leurs actions en faveur ou contre la biodiversité et leur fédération s'engouffre dans ce flou pour communiquer. On ne parle jamais d'animaux abattus par exemple, mais de prélèvement dont on ne connaît pas toujours le nombre précis pour chaque espèce.

L'ONCFS, l'office national de chasse et de la faune sauvage, réalise par exemple régulièrement un suivi des tableaux de chasse. La dernière grande enquête a eu lieu en 2013-2014, et sur les 90 espèces dont la chasse est autorisée, on n'a ainsi pu avoir des chiffres que pour 60 d'entre elles.

Pour les autres, il ne s'agit que d'estimations qui varient parfois du simple au double. Difficile donc d'avoir une idée claire de l'impact de la chasse. Une chose est cependant sure : c'est une activité populaire en France. La fédération nationale a plus d'un million d'adhérents qui peuvent abattre 64 espèces d'oiseaux différentes dont 20 sont pourtant sur la liste rouge des espèces menacées.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.