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Italie: Steve Bannon s’appuie sur l’église et Salvini pour conquérir l’Europe

Audio 03:29
Stephen Bannon, ancien conseiller du président des États-Unis, Donald Trump.
Stephen Bannon, ancien conseiller du président des États-Unis, Donald Trump. Gage Skidmore/wikimedia.org

La dernière tournée de Steve Bannon, l’ancien conseiller à la Maison blanche s’est achevée à Rome en Italie, avec l’annonce d’une nouvelle fonction pour l’idéologue de la droite dure américaine : une collaboration avec l’église. Eclairages.

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avec notre correspondante à Rome, Anne Treca

Steve Bannon n’est pas allé au Vatican mais près du Vatican, et ça change tout. Steve Bannon fréquente un autre cercle. à quelques centaines de mètres de la place Saint-Pierre, le siège de l’institut Dignitatis Humanae - Les dignités humaines. Un centre d’études dirigé par le cardinal Burke, adversaire déclaré du pape François, qu’il considère comme étant un hérétique. On est donc dans une institution de frondeurs, opposés au pape argentin, soucieux de promouvoir la culture judéo-chrétienne en Occident, c’est leur mot d’ordre.

Né dans une famille catholique irlandaise de Virginie, Bannon en était déjà proche. Il prend maintenant un rôle exécutif au sein de l’institut conservateur et annonce des cours de formation pour les dirigeants européens amenés à jouer un rôle dans la vie politique et publique avec des convictions très distantes de celles de François. A cette fin, les locaux de Dignitatis Humanae seront bientôt installés dans un ancien monastère situé au sud de Rome et pourront accueillir jusqu’à 300 étudiants.

Steve Bannon fait aussi une entrée remarquée dans les affaires politiques italiennes

A droite, on lui a réservé un bon accueil avec même une belle photo où il apparaît tout sourire. Une photo dont on n’a pas fini de parler. A l’occasion de l’annonce du ralliement de Matteo Salvini, le vice Premier ministre italien à « The Movement », une coalition des droites radicales en Europe.

Avec un siège à Bruxelles, et dit-on bientôt une dizaine de collaborateurs, ce « Mouvement » veut soutenir les populismes, nationalismes, et tout simplement démanteler l’intégration européenne. Bannon proposera des sondages, des analyses de données, un support logistique à l’américaine à tous les anti-Européens qui le rejoindront… Il veut porter au Parlement européen une majorité d’euro-sceptiques et dit en avoir les moyens. Y compris financiers précisant que pour lui l’argent n’est pas un problème. Salvini y a inscrit la Ligue du Nord, le parti le plus puissant du pays, peut-être bientôt rejoint par Fratelli d’Italia, autre parti de droite jusqu’ici allié de Berlusconi.

Et Bannon a-t-il des chances de peser vraiment ?

C’est certainement une mauvaise nouvelle pour les libéraux, les pro-européens et les modérés. Bannon, on s'en souvient, est l’ancien éditeur d’un site d’informations - Le Breitbart - qui s’oppose au multiculturalisme et à l’immigration. Un site de suprémacistes blancs. C’est LA droite dure américaine. Ses thèses étaient trop devenues radicales même pour Donald Trump.

Il fera tout pour radicaliser les positions des Européens et avec le cardinal Burke dans l’église ou Matteo Salvini, il a trouvé des relais qui comptent. Il peut aussi effectivement introduire en Europe des instruments de campagne inédits. Mais il faut voir comment réagira la base de ces électorats nationalistes. Pour la plupart admirateurs de Poutine et anti-atlantistes, vont-ils accepter d’avoir comme gourou un Américain ? Vont-ils s’enthousiasmer pour l’homme qui a fabriqué la version politique de Donald Trump ? Rien de moins sûr.

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