Revue de presse française

A la Une: toujours pas de deal pour le Brexit

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Theresa May n'est toujours pas parvenu à trouver un accord avec l'Union européenne concernant le Brexit.
Theresa May n'est toujours pas parvenu à trouver un accord avec l'Union européenne concernant le Brexit. Jack Taylor/Pool via Reuters

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Toujours pas d’accord pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. « De fait, constate Libération, comme dans le film Un jour sans fin, le Royaume-Uni semble coincé dans une boucle temporelle : depuis bientôt deux ans, réunion après réunion, on revit la même scène, celle d’un pays présentant sans cesse des conditions de divorce parfaitement inacceptables pour ses bientôt ex-partenaires de l’Union. »

En effet, pointe Libération, « le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement qui s’est ouvert hier soir à Bruxelles, et qui a été présenté un peu trop vite comme “crucial”, devrait une nouvelle fois s’achever sans nouvelle avancée. Le “sommet de la dernière chance” est donc renvoyé en novembre ou en décembre, celui qui devra éviter un “no deal” le 29 mars 2019, jour du Brexit effectif, qui serait synonyme de chaos. Un scénario que Donald Tusk, le président du Conseil européen, juge désormais “plus probable que jamais”. »

Alors qu’est-ce qui coince ? Réponse de Libération : « l’accord de divorce bute sur une seule question depuis mars 2017, date d’activation de l’article 50 du traité européen sur la sortie de l’Union : celle de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, partie intégrante du Royaume-Uni. L’enjeu, absolument essentiel pour Dublin, qui a reçu un soutien sans faille de ses partenaires, est d’éviter un retour d’une frontière dure avec sa province perdue, car cela pourrait entraîner des troubles entre les catholiques républicains, à nouveau séparés de leur mère patrie, et les protestants largement “unionistes” c’est-à-dire attachés au Royaume-Uni. »

Le casse-tête irlandais

C’est « l’insoluble équation du Brexit », commente Le Monde. « La sortie annoncée du Royaume-Uni de l’UE relance la question identitaire et force de nouveau les habitants à choisir leur camp. […] Traduction juridique de ce choix, pointe le quotidien du soir, le passeport irlandais est au centre d’un nouvel imbroglio post-Brexit. Pour casser la logique communautaire et permettre l’émergence d’identités composites, l’accord de paix de 1998 avait donné à toute personne née en Irlande du Nord le droit à la délivrance soit d’un passeport britannique, soit d’un passeport irlandais, soit des deux. » Et Le Monde de s’interroger : « qu’adviendra-t-il des droits des détenteurs nord-irlandais d’un passeport de l’UE après le Brexit ? Ce casse-tête non résolu porte en germe de nouveaux conflits. »

Vers un « no deal » ?

Et « c’est bel et bien la perspective d’un “no deal”, s’alarme Le Figaro, qui planait hier au Conseil européen, avant le début du sommet de Bruxelles. Et ce, alors même que le temps presse, puisque le Royaume-Uni quittera l’Union dans près de cinq mois, le 29 mars. D’où cette inquiétude diffuse avec, en toile de fond, les images cauchemardesques   fantasmées ou non   des longues files d’attente à Calais, des avions cloués au sol, des ressortissants européens se retrouvant du jour au lendemain en situation irrégulière. “Les Vingt-Sept veulent continuer les négociations et arriver à un accord, assure une source proche du dossier, citée par Le Figaro. Mais tout le monde sait que le ‘no deal’ est devenu un vrai risque et une vraie possibilité”. »

D’autant, pointent Les Dernières Nouvelles d’Alsace que « la Première ministre britannique a perdu sa majorité et doit composer avec des forces contraires dans son pays. Le Parti unioniste d’Irlande du Nord, les “Brexiters” et les “Remainers” (pour le maintien dans l’UE) hurlent à chacun son tour à la trahison dès qu’elle ouvre la bouche. Bref, Teresa May est dans une impasse, et la fragilité de sa position inquiète. »

Haro sur Mélenchon !

A la Une également, Jean-Luc Mélenchon, qui fait l’unanimité contre lui dans les journaux, après son coup de sang d’avant-hier contre les policiers et les magistrats qui perquisitionnaient au siège de son parti.

« L’outrance », s’exclame Le Parisien en première page, avec cette photo étonnante de Jean-Luc Mélenchon, s’étranglant d’indignation face à un policier. Commentaire du journal : « ce qu’a offert le leader des Insoumis était un outrage aux valeurs qui font socle. Un outrage à la Justice, aux hommes qui la représentent. Un outrage à la République. »

« Quel est donc ce genre tragicomique, fulmine La Montagne, où un député de la Nation veut s’opposer à une procédure judiciaire ? Le député de la Nation considère-t-il qu’il est au-dessus de tout, y compris de la Justice ? Le patron de la France insoumise a mis en scène son indignation pour affirmer sa stature de premier opposant. Mais à qui fera-t-il croire que la France est sous contrôle d’une police politique ? Et qu’il est victime d’une lettre de cachet du “monarque” ? À trop en faire, Jean-Luc Mélenchon se discrédite. »

Et puis cette estocade de La Charente Libre : « prétendant avec des accents shakespeariens à une incarnation du “bruit et de la fureur” du peuple, Jean-Luc Mélenchon peaufinait dernièrement une image rassurante et consensuelle de “grand rassembleur” de la gauche émiettée dans la perspective des élections européennes et de la présidentielle de 2022. En revenant dans le registre de la provocation qui a si bien réussi aux Trump, Salvini et autre Orban, Jean-Mélenchon fait aussi le pari de capitaliser sur l’outrance et le scandale confinant à la farce grotesque, comme celle dont Shakespeare prévenait par avance qu’elle ferait “beaucoup de bruit pour rien”. »

Pédophilie dans l’Eglise : « à quand le mea culpa ? »

Enfin, on revient àLibération qui fait sa Une sur les scandales de pédophilie au sein de l’Eglise. « A quand le mea culpa ? », s’interroge le journal. « Alors que le voile se lève dans plusieurs pays sur les abus sexuels commis par des ecclésiastiques couverts par leur hiérarchie, le clergé français réalise peu à peu qu’il doit faire enfin son examen de conscience. […] Fin septembre, précise le journal, une pétition initiée par l’hebdomadaire Témoignage chrétien (à gauche sur l’échiquier catholique) a demandé, à grand bruit, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les crimes de pédophilie dans l’Eglise. Elle a été retoquée hier mercredi par la commission des lois du Sénat. Et c’est une occasion ratée pour l’Eglise, déplore Libération, de sortir de l’ornière. […] Une occasion ratée de montrer que la France était prête à soulever le lourd couvercle qui condamne d’innombrables victimes au silence. Ces sénateurs étaient issus des rangs de la droite et du centre. Les arguments avancés pour refuser cette commission d’enquête ne tiennent pas, pointe encore Libération. L’Eglise ne doit pas servir de bouc émissaire, ont-ils plaidé, arguant que dans les associations sportives, à l’école ou ailleurs, de mêmes actes délictueux sont commis. Comme s’il s’agissait, soupire le journal, de désigner un bouc émissaire ! Entre la souffrance des victimes et la protection d’une institution, les sénateurs frileux ont choisi. »

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