Revue de presse française

A la Une: l’homme, premier prédateur mondial

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Pour Gilbert Bœuf : «On a tué la moitié des éléphants en quarante ans, la moitié des lions et, selon les pays africains, entre 50 % et 90 % des girafes.»
Pour Gilbert Bœuf : «On a tué la moitié des éléphants en quarante ans, la moitié des lions et, selon les pays africains, entre 50 % et 90 % des girafes.» CC0/Pixabay

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« Il y a vingt ans, en Zambie, il restait 2.000 rhinocéros blancs. Aujourd’hui, plus un seul. Et 90 % des individus restants sont en Afrique du Sud. Si on continue ainsi, le rhinocéros blanc sera éteint dans vingt ans. » Qui plus est, « on a tué la moitié des éléphants en quarante ans, la moitié des lions et, selon les pays africains, entre 50 % et 90 % des girafes. Nos enfants n’auront pas droit à ces animaux incroyables. C’est lamentable. »

Ce cri d’alarme, ce cri du cœur est lancé par le biologiste Gilbert Bœuf ce matin dans Libération.

Le rapport rendu public hier par WWF, le Fonds mondial pour la nature, est accablant, pointe le journal : « entre 1970 et 2014, les populations de vertébrés sauvages (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles) ont chuté de 60 % au niveau mondial. La dégringolade est encore plus marquée dans les zones tropicales. L’Amérique du Sud et l’Amérique centrale ont subi le déclin le plus important, avec une perte de 89 % des populations en quarante-quatre ans. Le rythme actuel d’extinction des espèces est aujourd’hui 100 à 1.000 fois supérieur à celui qu’a connu la Terre avant que la pression humaine ne devienne un facteur prépondérant. »

Commentaire de Libération : « on en vient à parler de la “sixième extinction”, qui fait suite à celles survenues il y a quelques centaines de millions d’années et dont les dinosaures furent les plus illustres victimes. Il s’agissait à l’époque des effets ravageurs de l’explosion d’une supernova, ou bien de l’impact d’un astéroïde géant sur le Yucatán. La supernova d’aujourd’hui, c’est la civilisation humaine, constate Libé. Question écologique, à coup sûr. Mais aussi, et surtout, question politique. Pour enrayer cette décimation planétaire, il n’y que… des remèdes de cheval. […] Comme pour le climat, la nécessaire réaction exige une coopération internationale qui soit consensuelle et contraignante pour les Etats. Au même moment, soupire encore Libération, des pouvoirs nationalistes, indifférents à ce qui se passe hors de leurs frontières, s’installent un peu partout dans le monde. Tragique contradiction. »

Sursaut ?

Alors, « plusieurs échéances prochaines pourraient permettre de préserver la biodiversité, pointe pour sa part Le Monde : la 7e conférence de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, au printemps 2019 en France, le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature, en 2020 à Marseille, ou encore la 15e conférence mondiale sur la biodiversité, qui se tiendra aussi en 2020, à Pékin. » Mais, relève le quotidien du soir, « encore faudrait-il que les alertes des scientifiques soient relayées par les gouvernements. Pour inciter ceux-ci à réagir enfin, le rapport de WWF avance un autre chiffre. Les services rendus à l’humanité par la nature   par exemple par les insectes et les oiseaux pollinisateurs dont dépend un tiers de la production alimentaire   sont estimés à 125.000 milliards de dollars par an, soit environ une fois et demie le produit intérieur brut mondial. “Si nous devions payer pour ces services, notre modèle économique serait en faillite”, observe Pascal Canfin, le patron de WWF France. La vie n’a pas de prix, mais lui donner une valeur aidera peut-être à la sauver. »

Gros travail…

Enfin, Le Midi Libre n’y croit guère… « Face au déclin rapide des espèces, on a tout de même du mal à croire que l’être humain pourra un jour arrêter le massacre, estime le journal. Car malgré son intelligence, on doute de sa capacité à mener des politiques cohérentes. À contrer les lobbys industriels. Et ce n’est pas l’arrivée au pouvoir de régimes populistes qui va apporter une lueur d’espoir à ce funeste inventaire. Bien au contraire ! Pour réussir ce miracle, l’Homme a une sacrée remise en cause à faire, s’exclame encore Le Midi Libre. Un gros travail de réconciliation avec la nature à entreprendre. Pour cela, il lui faut d’abord ravaler son orgueil. Redescendre de sa tour de Babel. »

Macron fatigué

A la Une également, grosse fatigue pour Emmanuel Macron…

« Sur son agenda, rien, s’exclame Le Figaro. À l’issue d’un déjeuner hier midi avec des élus locaux des Hauts-de-France, la semaine d’Emmanuel Macron s’arrête. Aucun rendez-vous, aucun événement, aucune intervention de programmée pendant quatre jours. Du jamais vu depuis son élection en 2017. »

En effet, complète Le Républicain Lorrain, « Emmanuel Macron est fatigué. Pour “refaire du jus” avant les commémorations du 11 -Novembre, le président de la République a décidé de s’accorder quelques jours de repos. […] Nul doute que cette petite coupure de quelques jours lui fera du bien avant que de partir à la reconquête des foules dès le 4 novembre, dans le Grand Est. A Morhange, Pont-à-Mousson et Verdun, notamment, le Président pourra prendre le pouls des électeurs. Il y rencontrera de vrais “Français d’en bas”, version 2018, dans une région pas vraiment cajolée par la mondialisation. Un sondage grandeur nature en somme. »

Finalement, constate Nice-Matin, « le mythe du surhomme a vécu. Ce Président qui enchaîne les déplacements, les sommets, les réunions, les dîners et les voyages officiels sept jours sur sept, ne dormant que trois heures par nuit, aurait donc besoin de quatre jours de repos à la Toussaint, comme tout Français moyen. »

En attendant de pouvoir s’acheter une Tesla…

Enfin, coup de pompe pour les Français, et plus spécialement pour ceux qui roulent au diesel…

« Le carburant flambe… la grogne aussi », s’exclame La Croix en première page. La Croix qui constate que « la hausse des prix des carburants provoque des mouvements de protestation, notamment dans les zones rurales où il n’existe pas d’alternative à la voiture. » Le cas du diesel est le plus flagrant, le diesel qui atteint, voire même dépasse parfois le prix du sans-plomb. « J’ai retrouvé mes tickets de mars et avril 2016. Je payais le gazole 99 centimes d’euros. Aujourd’hui c’est 1 euro 50. Pour les gens de la campagne qui doivent prendre la voiture tous les jours, cela représente un surcoût de plus de 1.000 euros par an. L’équivalent d’un SMIC ! Je peux vous assurer que tous les habitants m’en parlent », raconte le maire d’une petite commune de Bretagne, interrogé par La Croix.

« On a incité les Français à utiliser le gazole, déplore La Voix du Nord, considéré comme moins polluant que l’essence jusqu’à ce qu’on proclame le contraire ! Alors, en attendant de pouvoir s’acheter une Tesla, ce qui n’est pas demain la veille, ces “gars”, et ces femmes, roulent en diesel. Et quand ils passent à la pompe, ils constatent que le plein a augmenté de 21 % en un an, beaucoup, beaucoup plus que leur pouvoir d’achat. »

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