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Chronique des médias

Un journalisme immergé dans la technologie

Audio 02:33
L'utilisation du drone a par exemple permis de réaliser ce cliché des ravages des incendies en Californie, le 15 novembre 2018.
L'utilisation du drone a par exemple permis de réaliser ce cliché des ravages des incendies en Californie, le 15 novembre 2018. AFP/Getty Images/Justin Sullivan

Le journalisme s'arrime de plus en plus à la technologie et à la donnée. C'est l'un des thèmes des Assises du journalisme qui se tiennent à Tunis jusqu'aujourd'hui.

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Data, drones, réalité virtuelle… On peut aujourd’hui assurer des vues aériennes sur un champ de bataille avec un drone ou réaliser des reportages d’un nouveau style en utilisant des caméras à 360 degrés. En début d’année, CNN a créé un département de réalité virtuelle, pour donner naissance à des documentaires immersifs comme Inside Big Ben, cette façon de vivre de l’intérieur dans la célèbre horloge de Londres. Il y a deux ans, Euronews s’est associée à Samsung pour produire de véritables reportages à 360 degrés comme « Au cœur d’Hébron », une plongée dans la ville cisjordanienne, devant les barrages de soldats israéliens. Ces vidéos, qu’on peut retrouver sur YouTube ou Facebook, sont aussi une façon d’approcher la démesure du réel comme avec ce documentaire de la BBC doté de multiples caméras : il s’agit d’assurer l’immersion à 360° sur le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique, en Ethiopie.

La data est aussi de rigueur, comme on le voit depuis la rentrée sur le nouveau journal de 20 heures de TF1, où les chroniqueurs sont constamment devant un fond vert qui sert à diffuser un grand nombre de données ou d’infographies appuyant leur propos. En Chine, l’agence Chine Nouvelle est même allée jusqu’à utiliser deux présentateurs de JT, en cravate grise ou rouge, mais qui ne sont là que pour leur apparence. En réalité, leurs lèvres bougent à peine et l’on s’aperçoit que ce sont des robots qui lisent les nouvelles. Ces images numérisées débitent les informations qui leur sont livrées, avec une docilité qui ferait rougir les plus obéissants des présentateurs chinois. Ce recours à l’intelligence artificielle permet d’apporter de l’info à n’importe quelle heure, mais ce n’est pas forcément une bonne idée. La technique est en effet bien connue des spécialistes des infox qui constatent que l’on fait dire n’importe quoi à des lèvres avec des vidéos à la voix trafiquée que l’on appelle « deep fake ».

Heureusement, les technologies servent aussi le meilleur des mondes journalistiques. Disclose est un site qui vient d’être lancé en France autour du journalisme d’investigation. A la barre, des reporters qui proposent au public de soutenir à travers la plateforme Kisskissbankbank des projets d’enquêtes sous forme de textes, de photos, de documentaires ou de podcasts. Du trafic des animaux au lobby des médicaments en passant par les pesticides ou le marché de la surveillance, ils encouragent même le hacking pour révéler des informations, sur les traces des leaks ou des papers d’un Mediapart ou d’un « Cash Investigation ». On est loin de la logique du clic qui s’est emparé de nombre de sites gratuits.

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