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Revue de presse Afrique

A la Une : «Rambo» à la CPI

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La Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le 27 septembre 2018.
La Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le 27 septembre 2018. REUTERS/Eva Plevier/File Photo

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« " Rambo ”, ex-chef anti-balaka, extradé direct à la Cour pénale internationale de La Haye » : l’information est largement commentée sur le site La Nouvelle Centrafrique. « Cet ancien caporal-chef de l’armée centrafricaine, Alfred Yekatom Rombhot, alias caporal ou colonel Rambo, précise le site, dirigeait une milice anti-Balaka dans le sud du pays. Il est accusé d’avoir tué des civils et utilisé des enfants comme combattants. En dépit de ses crimes, il avait été élu en 2016 député à l’Assemblée nationale. Cela nonobstant les sanctions internationales pleuvant sur sa tête. La RCA cultivant toujours l’exception de l’impunité pour les crimes graves. Récemment, fin octobre, rapporte encore La Nouvelle Centrafrique, Rambo s’était bruyamment illustré au sein du Parlement en sortant une arme de sa poche pour en faire usage dans l’hémicycle lors de l’élection du nouveau président du Parlement. C’est historiquement parlant la première extradition d’un criminel de masse en RCA vers la CPI, depuis l’ouverture de l’enquête sur la Centrafrique en septembre 2014 sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui y ont été commis à partir de 2012. »

Lueur d’espoir pour les victimes ?

« C’est un véritable reître centrafricain, s’exclame Aujourd’hui à Ouagadougou, que la CPI vient d’embarquer ce week-end depuis Bangui avec cap sur la prison de La Haye : Alfred Yekatom alias “ Rambo ”. Cet ancien caporal de l’armée de la RCA s’était mué en véritable spadassin entre 2013 et 2014 au lendemain de l’accession de la Séléka au pouvoir avec le président Michel Djotodia. (…) C’était sans compter avec la CPI qui enquêtait à l’époque, sur sollicitation de l’ex-présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, et l’erreur de trop est survenue fin octobre, sous la forme de 2 coups de feu tirés en plein hémicycle. Une algarade avec un député aura été à l’origine de ce comportement irresponsable qui lui coûte bonbon. »

Pour Le Pays, toujours au Burkina, ce « transfèrement du premier chef milicien centrafricain vers la CPI est une lueur d’espoir pour toutes les victimes et ayants droit de cette guerre de rapines qui ne dit pas son nom, mais qui est à la fois absurde et meurtrière. En appuyant aussi facilement sur la gâchette, le 29 octobre dernier, dans un lieu aussi symbolique que l’Assemblée nationale, Alfred Yekatom a simplifié la tâche aux députés, outrés par cet acte de délinquance, et qui se sont appuyés sur le délit de flagrance pour lever son immunité et le remettre fissa à la CPI pour qu’il réponde des malheurs qu’il a fait subir à ses compatriotes depuis 2013. C’est probablement, estime encore Le Pays, le meilleur cadeau de fin d’année que les députés centrafricains et la procureure Fatou Bensouda peuvent offrir aux victimes innocentes de ce député sanguinaire. Mais il faudra que la CPI continue le ménage jusqu’au bout afin de mettre fin au gangstérisme économique et aux tueries de masse perpétrées par des chefs de bandes sans foi ni loi. »

Plus d’impunité ?

Dans le quotidien français Libération, Pierre Brunisso de la FIDH, organisation qui depuis 2013 a longuement enquêté sur les exactions commises par cet ancien caporal, Pierre Brunisso, donc, estime qu’ « en l’envoyant à La Haye, la CPI et le gouvernement envoient un message fort : il n’y aura plus d’impunité. Et ce geste, précise-t-il, intervient au moment où les groupes armés, qui tiennent encore 80 % du pays, demandent l’amnistie pour entrer dans le processus de paix. »

Commentaire de Libération : « la CPI peut se féliciter d’avoir obtenu, avec Alfred Yekatom dit “ Rambo ”, une belle prise, alors que son blason a été récemment terni par de nombreux ratés. Dont son incapacité à juger le Congolais Jean-Pierre Bemba, libéré en juin après dix ans d’emprisonnement. »

Enfin, Le Monde Afrique rappelle que cette « extradition vers la CPI intervient alors que le centre et l’ouest de la Centrafrique sont le théâtre de violences meurtrières depuis plusieurs jours. Dans le centre, des combats entre groupes armés ont fait au moins 37 morts jeudi, et dans l’ouest un Casque bleu a été tué vendredi. »

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