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Les touristes devront s’acquitter d’une taxe pour entrer à Venise

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Un bateau de croisière navigue face à la place Saint-Marc à Venise.
Un bateau de croisière navigue face à la place Saint-Marc à Venise. AFP/Andrea Pattard

Définitivement adoptée le 31 décembre, la loi de finances du gouvernement italien introduit une nouvelle taxe pour les touristes qui visiteront la cité des Doges. L’objectif est d’une part de soutenir les dépenses pour l’entretien de Venise et d’autre part de limiter le tourisme de masse. Faire payer un droit d’entrée dans certains lieux de villégiature menacés par le tourisme de masse n’est pas inédit en Italie : il existe déjà une taxe de débarquement en Sicile pour accéder aux Iles Eoliennes et à Lampedusa et en Toscane pour visiter l’ile d’Elbe.

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A Venise, cette nouvelle taxe devra être prélevée directement par les compagnies de transport à partir du mois de juillet 2019. Concrètement, un supplément variant de 2,50 euros à 10 euros - selon la saison - sera ajouté au prix du billet. Et l’argent récupéré par les sociétés de transport sera reversé directement à la commune de Venise. Reste à voir les détails des modalités d’application qui seront décidées par le Conseil municipal de Venise avant la fin février.

Car les propriétaires d’une résidence secondaire à Venise, les personnes qui ne vivent pas dans la cité des Doges, mais s’y rendent pour des raisons d’études ou de travail, devraient être exemptées de cette taxe d’entrée.

Un risque de surtaxe

La taxe vise avant tout les touristes d’un jour qui, jusqu’à présent, n’ont jamais dû payer de taxe de séjour. Et parmi les 30 millions de personnes qui visitent Venise, chaque année, ils sont très nombreux. Toutefois, il est possible que ceux qui séjournent plusieurs nuits dans la Sérénissime doivent aussi s’acquitter de cette taxe.

Mais, comme le souligne le maire de Venise, Luigi Brugnaro, les Vénitiens étouffent littéralement. D’ailleurs, la ville qui comptait 175 000 habitants dans les années 1960 n’en compte plus que 53 000. Notamment en raison du coût des logements, ce qui est un peu la rançon du succès de Venise. Or, ce sont les résidents qui supportent les frais d’entretien de la ville et ceux destinés à garantir sa sécurité. Donc la taxe, qui selon les premières estimations pourrait rapporter entre 40 et 50 millions d’euros par an à la Ville, devrait leur permettre de vivre dans des conditions plus agréables et d’alléger les impôts locaux. Mais ce ne sera pas une solution miracle.

Des mesures qui s’additionnent

Au printemps dernier, Venise a tenté de réguler les flux en installant des portiques, mais cette initiative ne suffit pas à résoudre les problèmes. De même que la décision d’éloigner les paquebots de la place Saint-Marc n’est pas toujours appliquée à la lettre. Et puis, depuis 2017, un guide du savoir-vivre est édité chaque année pour responsabiliser les touristes. Mais cela n’a pas mis fin aux comportements irrespectueux, surtout l’été. Même si ne pas résister à la tentation de s’asseoir à même le sol, sur les quais, les ponts ou les places peut coûter très cher ; soit une amende s’échelonnant de 50 à 500 euros, selon les circonstances.

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