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Afrique économie

En Afrique du Sud, le roi zoulou s’accroche à ses terres

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Le roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini. (Photo d'illustration)
Le roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini. (Photo d'illustration) STRINGER/AFP
Par : Liza Fabbian
6 mn

En Afrique du Sud, la Constitution devrait bientôt être modifiée, pour permettre l’expropriation sans compensation des terres, afin de gommer certaines inégalités héritées de l’apartheid. Les Blancs possèdent toujours 75% des terres dans le pays et les fermiers sont particulièrement inquiets des conséquences de cette réforme. Mais ils ne sont pas les seuls. Le puissant roi de la nation zouloue, Goodwill Zwelithini, est également farouchement opposé à la future réforme agraire. En effet, 30 % des terres de la région du KwaZulu-Natal sont enregistrées au nom de ce chef coutumier, en vertu d’un accord controversé, datant de l’apartheid. Mais le roi craint de perdre un jour la gestion de ces précieuses terres communales.

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En 1994, le gouvernement d’apartheid et son allié l’Inkahta Freedom Party, signent un accord sur la terre dans la province du KwaZulu-Natal. Cet accord acte la création de l’Ingonyama Trust, une société fiduciaire chapeautée par le roi zoulou qui gère depuis 30% des terres de la région. 24 ans après la fin de l’apartheid, le roi Goodwill Zwelithini s’accroche à ce privilège :

« Le Président doit venir ici, et nous dire à moi et à la nation zouloue qu’il ne touchera pas à nos terres. Et nous devons signer un accord pour dire qu’ils ne prendront jamais ces terres. »

Les terres du roi zoulou correspondent en partie aux anciens « bantoustans », les terres réservées aux noirs sous l’apartheid. Mais la gestion de l’Ingonyama Trust est ce plus en plus contestée. A Umnini par exemple, Sitembiso Ncumbe du centre de recherche sur la terre :

« Maintenant, le conseil d’administration de l’Ingonyama Trust, demande aux gens de payer un loyer et ce loyer augmente de 10% par an. Et si ils vous expulsent, ils saisissent votre terre, et vous n’avez rien le droit d’emporter. »

En plus de faire payer des loyers sur les terres ancestrales, le conseil d’administration de l’Ingonyama Trust est accusé de spéculation immobilière et de corruption. Mlamuli Luthuli est l’un des frères du chef local :

« Il y a beaucoup d’acheteurs intéressés, une fois que vous êtes expulsés. Il y a beaucoup de sites touristiques et des industries implantées pas très loin. »

Les frères Luthuli ont attaqué l’Ingonyama Trust en justice pour tenter d’établir une nouvelle gestion de leurs terres ancestrales. Amilton Luthuli :

« En tant que propriétaires légitimes de ces terres nous voulons récupérer ce qui nous appartient. Autrefois ces terres communales étaient partagées entre tous. Il n’y avait aucun problème à cette époque. Le chômage est trop élevé ici parce que l’Ingonyama Trust s’approprie les commerces qui permettaient aux gens de vivre. »

Fondé dans le secret durant l’apartheid, l’Ingonyama Trust pourrait être jugé anticonstitutionnel. Mais le roi zoulou reste une personnalité influente que le gouvernement hésite encore à froisser.

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