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Espagne: Vox, l’extrême-droite mène le bal

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Santiago Abascal, le leader de Vox.
Santiago Abascal, le leader de Vox. REUTERS/Marcelo Del Pozo

La formation d’extrême droite Vox, qui, à l’issue des législatives d’Andalousie en décembre a créé la surprise en obtenant douze sièges - soit presque 400 000 suffrages-  marque aujourd’hui l’agenda politique en Espagne. Ce sont ses thèmes et ses exigences qui sont au centre de l’agora médiatique. Pour une raison très concrète aussi : la coalition des droites ne pourra prendre le pouvoir en Andalousie, événement prévu la semaine prochaine, que si elle obtient le soutien de Vox.

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Cette droite extrémiste, qui, depuis la mort de Franco n’avait aucune représentation, était quasi inexistante, trouve aujourd'hui le moyen de se faire une incroyable publicité et d’annoncer la couleur de sa vision de l’Espagne. Ses représentants ont annoncé une batterie de 37 mesures. Des mesures qu’aucun parti espagnol n’avait annoncées auparavant.

Pêle-mêle : l’expulsion d’Espagne de 52 000 immigrants illégaux résidant en Andalousie, plus de pouvoir pour les collèges privés religieux, la protection de la corrida en crise, mais aussi de la chasse, une législation pour compliquer le droit à l’avortement, la suppression des cours d’islam dans les écoles, la construction d’un grand mur à Ceuta et à Melilla, enclaves espagnoles en Afrique…

La droite réticente à une alliance

La plupart des partis de droite ne sont pas prêts à accepter ces conditions et ne veulent pas voir leur image salie. Ciudadanos, plus centriste, regarde de haut cette extrême droite qui leur parait « xénophobe et islamophobe ». Le Parti populaire (PP), parti historique de la droite, est plus ambigu. Il sait que la société espagnole penche de plus en plus à droite, et il a fait siennes des revendications de Vox, par exemple, les limites à la loi de protection des femmes victimes de la violence conjugale ou encore les mesures pour renforcer la morale chrétienne dans les écoles.

Observateurs et sondages voient Vox en bonne position

Observateurs et institut de sondage croient que la situation andalouse va se répéter et pensent qu’en particulier dans les régions de Madrid et de Valence, où des élections ont lieu en mai, la droite soit aujourd’hui majoritaire, mais  fragmentée, avec l’ascension de Vox.

Ainsi, la droite classique devra affronter le chantage de l’extrême droite si elle veut parvenir au pouvoir. Depuis quatre ans, l’Espagne connait la gauche populiste avec Podemos, troisième force parlementaire. Elle connait désormais la droite populiste, qui dit admirer l’américain Trump ou le Hongrois Orban. Une certitude : cela va changer le pays en profondeur.

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