Revue de presse Afrique

A la Une: l’attaque meurtrière d’Aguelhok dans le nord Mali

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Soldats de la Minusma (photo d'illustration).
Soldats de la Minusma (photo d'illustration). AFP/Michele Cattani

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C’est l’attaque la plus meurtrière contre la mission de l’ONU au Mali, la Minusma. Dimanche, 10 Casques bleus tchadiens ont été tués dans leur camp d’Aguelhok dans le nord-est du pays à 200 km de la frontière algérienne et 25 blessés. Attaque revendiquée par le groupe djihadiste Al-Qaida au Maghreb islamique. Aqmi qui a indiqué qu’il s’agissait d’une « réaction » à la visite au Tchad, au même moment, du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

« Les attaques djihadistes se propagent de plus en plus dans les pays du Sahel, en dépit des multiples opérations militaires, constate Le Triomphe du Mali, cité par Maliweb. Et beaucoup commencent à émettre des doutes sur l’efficacité de ces opérations militaires qui n’arrivent pas à circonscrire le mal. Apparemment les pays du G5 Sahel ont compris que les actions militaires ne suffisaient pas et qu’il allait falloir mettre un accent particulier sur le développement local. »

Cette attaque d’Aguelhok a coïncidé dimanche avec la cérémonie de prise d’Armes à Kati, à l’occasion de la commémoration du 58e anniversaire de l’armée malienne. « La lutte contre le terrorisme sera gagnée », a affirmé le président IBK, cité par L’Observatoire.

Repenser les stratégies

Un bel optimisme qui tranche avec les inquiétudes exprimées par les médias de la sous-région…

Ainsi pour Ledjely en Guinée, « qu’une telle perte soit enregistrée dans les rangs des soldats tchadiens, ceux qui passent pour les plus aguerris des soldats de la Minusma, atteste de la capacité de nuisance qui demeure encore celle des terroristes. Et c’est aussi là la preuve que les résultats escomptés ne sont pas proportionnels aux ressources qui sont investies pour aider le Mali à sortir de ce chaos infernal. Aussi, estime encore Ledjely, il urge que le pays et ses nombreux partenaires se retrouvent pour faire le bilan et repenser les stratégies. »

En effet, complète Aujourd’hui au Burkina Faso, « il faut se réadapter pour faire face aux assauts répétés des terroristes. Les opérations menées contre leurs bases leur portent des coups au cœur, certes, mais ils continuent de se battre. La preuve que le combat sera de longue haleine. Il faudra s’adapter à cette mue des terroristes.

A quand un G5 opérationnel ?

Et vivement, s’exclame Aujourd’hui, que la force du G5-Sahel se réveille effectivement, aussi vite que l’ont annoncé ses premiers responsables. Que la proactivité soit de mise, afin d’éviter les prochaines morsures meurtrières des terroristes. »

Car pour l’instant, souligne Wakat Sera, « le G5 Sahel reste encore une force sans… force, le nerf de la guerre lui faisant cruellement défaut malgré les mille et une promesse des partenaires. Poussée par ses membres fondateurs que sont le Mali, le Tchad, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso et sous la houlette de la France, cette entité devrait, selon ses objectifs, apporter la réplique aux djihadistes et autres grands bandits qui, lentement, mettent le Sahel sous coupe réglée. » Mais c’est donc encore loin d’être le cas…

Le prix à payer pour la stabilité de la RDC ?

A la Une également, la RDC…

L’investiture de Félix Tshisekedi, confirmé président élu de la RDC par la Cour constitutionnelle, aura finalement lieu ce jeudi au Palais de la nation.

Analyse sans concession du Monde Afrique, qui estime que le nouveau président et le sortant, Joseph Kabila, « ont noué dans l’ombre une alliance aux contours encore flous pour écrire un nouveau chapitre de la fiction d’une démocratie congolaise dans laquelle les votes comptent moins que les arrangements pour le partage du pouvoir. Ensemble, ils ont truqué cette séquence cruciale pour néanmoins offrir la première alternance pacifique de l’histoire du plus grand pays d’Afrique subsaharienne. [...] Félix Tshisekedi est donc devenu le nouvel allié de Joseph Kabila, poursuit Le Monde Afrique, désormais sénateur à vie et dont la coalition s’impose à l’Assemblée nationale, avec 337 sièges sur 500. Ce qui permet au chef de l’Etat sortant, probable futur président du Sénat   donc numéro deux de l’Etat  , de nommer le Premier ministre et de continuer à régner indirectement, avant d’éventuellement briguer un nouveau mandat en 2023. D’ici là, conclut Le Monde Afrique, Félix Tshisekedi devra prouver que sa conquête du pouvoir au détriment de la démocratie est un sacrifice nécessaire pour la stabilité tant espérée d’une RDC qui a connu deux grandes guerres et reste le théâtre de plusieurs conflits. »

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