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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Ren Zhengfei, le très discret PDG de Huawei

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Ren Zhengfei, le PDG de Huawei en janvier 2019.
Ren Zhengfei, le PDG de Huawei en janvier 2019. AFP

Le groupe Huawei est aujourd’hui dans le collimateur des Occidentaux. Son fondateur, Ren Zhengfei, est solitaire et ambitieux. En l’espace de 30 ans, il a bâti un véritable empire. Son entreprise est devenue en 2018 le numéro deux mondial des équipements télécoms.

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Fils d’instituteurs, le plus âgé de la fratrie de huit enfants, Ren Zhengfei grandit dans un village de la province de Guizhou, dans le Sud-Ouest chinois. Il a cinq ans quand naît la République populaire de Chine. Diplômé en génie civil, Ren Zhengfei participe à l’industrialisation du pays, s’enrôle dans l’armée et devient membre du parti communiste. Aujourd’hui âgé de 75 ans, l’ancien colonel accorde très peu d’interviews. Dans l’une de ses rares interventions publiques, sur la chaîne de télévision taïwanaise, il raconte comment avec quelques milliers de yuans en poche, il a créé en 1987 Huawei :

« Rien ne présageait que cette entreprise devienne ce qu’elle est aujourd’hui. J’étais militaire. Avec les réductions des effectifs dans l’armée les militaires comme moi, on s’était retrouvé sur le marché du travail. Mais nous ne connaissions rien à l’économie de marché. On a commencé comme revendeurs de téléphones. Nous étions obligés de réduire nos marges pour gagner la confiance du marché. On l’a tellement fait que l’entreprise qui nous embauchait a fini par nous licencier. Alors, on s’est tourné vers la fabrication de matériel de télécommunication. »

C’est à Shenzhen, l’une des six zones économiques spéciales établies par le gouvernement de l’époque pour relancer l’économie, que Ren Zhengfei fonde son entreprise. A l’époque, très peu de Chinois possèdent un téléphone. Une opportunité pour Ren Zhengfei.

16 heures de travail par jour

Avec 16 heures de travail par jour, sa vie familiale en pâtit. Les salariés de Huawei doivent suivre le rythme, mais certains craquent. Le patron est bien forcé de faire respecter la santé et la sécurité au travail. Il met en place son premier plan d’actionnariat salarié. Trente ans plus tard, Huawei devient numéro 2 mondial du marché des smartphones après Samsung et réalise 108 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an.

Des inquiétudes chez les Occidentaux

Son passé a forcément attiré l’attention des Occidentaux. Le passé militaire de Ren Zhengfei a fait naître les soupçons de liens étroits du groupe avec l’armée et le gouvernement chinois. Huawei rejette ces accusations. Selon lui, le géant des télécoms ne pose aucun problème de sécurité nationale, comme le soutiennent les Américains. « C’est la guerre économico-politique. Les Etats-Unis font la pression sur leurs alliés, notamment en Australie, en Angleterre, en Nouvelle-Zélande, dans les différents pays européens pour qu’ils ne travaillent pas avec les équipementiers chinois. Mais pour qu’ils favorisent davantage des solutions américaines », explique Thomas Husson, vice-président du cabinet d’études Forrester.

On craint la position dominante des Chinois. Après la conquête du marché national, Huawei a étendu son empire à l’Afrique et à l’Europe. Les déboires avec la justice américaine menacent de l’ébranler et d’envoyer la fille du patriarche, Meng Wanzhou, la directrice financière du groupe, derrière les barreaux. Ce serait un coup dur pour Ren Zhengfei qui voulait que Meng lui succède.

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