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Chronique des matières premières

Carburants: nouveau départ pour le bioéthanol de la France à la Chine

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Des cuves d'éthanol d'une usine de production de biocarburant à Origny-Sainte Benoîte, en France.
Des cuves d'éthanol d'une usine de production de biocarburant à Origny-Sainte Benoîte, en France. AFP/ALAIN JULIEN

La part du bioéthanol dans les carburants progresse. La Chine encourage l'éthanol pour diminuer sa dépendance au pétrole. Les Etats-Unis pourraient en incorporer davantage dans les moteurs. En France, l'éthanol connaît un véritable engouement des automobilistes.

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La quête de pouvoir d'achat en France l'explique autant que le déblocage de certains verrous réglementaires :  le bioéthanol décolle en France, à la faveur du désamour pour le diesel. Le SP95-E10 contenant 10 % d'éthanol a progressé de 4 points l'an dernier, c'est devenu la première essence consommée en France. Pour le superéthanol à 85 % d'éthanol, l'E85, c'est tout bonnement une renaissance, il a progressé de 55 % en un an, la même progression est attendue cette année.

Vogue des boîtiers flexfuel

L'éthanol permet de réduire les émissions de CO2 et les particules fines. Surtout son coût est en moyenne 60 % inférieur à celui de l'essence ou du diesel. Mais il manquait les stations en nombre suffisant. Et les véhicules adaptés. L'homologation fin 2017 de boîtiers flexfuel adaptés à n'importe quel véhicule à essence a constitué un vrai déclic. Il s'en vend des milliers tous les mois. Les constructeurs automobiles, qui avaient un peu abandonné les véhicules flexfuel devraient même proposer un nouveau modèle dans quelques jours, tant l'engouement est grand.
La part de marché de l'éthanol dans les carburants n'est encore que de 0,5 % en France, puisque l'essence est encore minoritaire par rapport au diesel, mais pour la filière betteravière française, l'éthanol est un débouché en hausse qui compense un peu les mauvais revenus du sucre.

Bientôt l'E15 aux Etats-Unis ?

L'éthanol a également de belles perspectives aux Etats-Unis et en Chine. L'administration américaine s'apprête à autoriser non plus seulement l'E10, mais l'E15, soit 15 % d'éthanol dans l'essence, en levant l'interdiction de rouler avec ce biocarburant l'été, quand il est moins stable et plus volatile dans l'air. Cela devrait occasionner une consommation supplémentaire de 61 millions de tonnes de maïs aux Etats-Unis puisque c'est avec cette céréale que l'éthanol est produit outre-Atlantique.

12 mt d'éthanol nécessaires en Chine !

Mais c'est en Chine que l'éthanol a le plus bel avenir. Pour importer moins de pétrole, Pékin pourrait étendre l'E10, l'essence à 10 % d'éthanol, à tous les véhicules en 2020, ils seront alors 280 millions à circuler en Chine. Cela signifierait, chiffre un expert de Donlink qui intervenait au « Paris Grain Day » en fin de semaine dernière, des besoins d'au moins 12 millions de tonnes d'éthanol. La Chine en fabrique déjà plus de 5 millions de tonnes à partir de son propre maïs, mais elle aura besoin d'importer du maïs, ukrainien, dans un premier temps, et peut-être du maïs américain, voire de l'éthanol américain, si les relations commerciales avec Washington s'améliorent.

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