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Chronique des matières premières

Cuivre: l'autre concentration refusée par la Commission européenne

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Des feuilles de cuivre stockées en entrepôt.
Des feuilles de cuivre stockées en entrepôt. Getty Images/Bloomberg

La Commission européenne n'a pas seulement interdit la fusion entre Alstom et Siemens, les géants du ferroviaire. Elle a aussi, pour les mêmes raisons de concurrence, refusé le rapprochement de deux des plus grosses entreprises de transformation du cuivre en Europe.

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L'Allemand Aurubis ne cédera pas sa division de cuivre laminé à son concurrent, également allemand, Wieland. La Commission européenne a mis son veto, après avoir mené son enquête auprès des clients de ces deux entreprises.

« Les laminés (ou tôles, NDLR) de cuivre sont un produit-clé pour nombre d'industriels en Europe », s'est expliqué la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager, « notamment pour la production de pièces dans des secteurs de pointe comme le véhicule électrique, les trains ou les appareils électroniques ». « La fusion aurait, juge-t-elle, créé un nouvel acteur dominant et aurait eu pour effet une réduction importante de la concurrence pour les produits laminés en cuivre ainsi qu'une hausse des prix pour les fabricants européens. »

50 % de l'approvisionnement européen

Y avait-il un risque de monopole dans l'approvisionnement en cuivre pour l'industrie européenne ? En tout cas un risque de position dominante, sachant que les acheteurs de laminés de cuivre qui fabriquent des semi-conducteurs ou des connecteurs électriques pour l'automobile ou l'électronique se fournissent à 95 % en Europe et à flux tendu. Dans un cas précédent, Bruxelles avait donné son aval à une fusion, il s'agissait de deux fabricants de produits semi-finis de cuivre, les Allemands KME et MKM. Mais ils ne pesaient que 20 % du marché européen. Cette fois c'est plus de 50 % du marché des laminés de cuivre que Wieland aurait contrôlé en rachetant la division d'Aurubis, 235 000 tonnes de cuivre annuelles. En amont, Wieland ne voulait pas renoncer à récupérer toute la co-entreprise Schwermetall qu'il partageait avec Aurubis dans les pré-laminés de cuivre, les tôles grossières. Ce qui faisait hurler les concurrents européens plus petits de la transformation du cuivre, comme Diehl, Kemper ou Messingwerk.

Risque de rachat extra-européen

L'affaire rappelle un précédent dans le platine. La Commission européenne s'était opposée à une concentration sous la pression de la filière automobile, se remémore Didier Julienne, expert des métaux. « Ce qui serait dramatique, juge-t-il, c'est qu'Aurubis vende sa division cuivre à un acteur hors d'Europe, alors que la réciprocité pour les opérateurs européens des métaux n'est pas garantie en Chine, au Japon ni même aux Etats-Unis ».

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