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Nouvelles technologies

Des rats pilotés par la pensée

Audio 02:09
La vision des rongeurs étant particulièrement médiocre, les vibrisses (les poils du museau) leur permettent de « percevoir » leur environnement immédiat.
La vision des rongeurs étant particulièrement médiocre, les vibrisses (les poils du museau) leur permettent de « percevoir » leur environnement immédiat. ©Fondation droit animal

Des chercheurs chinois ont mis au point une nouvelle interface électronique pour connecter un cerveau de rat à celui d’un être humain. Leur expérience a permis de diriger à distance et par la pensée, des rongeurs qui parcouraient un labyrinthe.

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Imposer sa volonté aux animaux en se servant uniquement de la force de son esprit est désormais possible, démontrent les chercheurs chinois de l’université de Zhejiang, qui ont publié leurs travaux dans la revue Nature.

Sur le même principe que les personnes souffrant d’un handicap qui utilisent leurs ondes cérébrales pour contrôler leurs prothèses ou exosquelettes, les neuro-scientifiques ont mis au point un dispositif fonctionnant par ondes Bluetooth pour piloter, à distance, des rats de laboratoire. Les chercheurs ont d’abord métamorphosé les rongeurs en cyborg, en implantant dans leur cerveau, deux paires d’électrodes pour stimuler le cortex somatosensoriel des animaux. Chez le rat, cette zone nerveuse reçoit et analyse en permanence les informations que délivrent ses vibrisses. Communément appelés les « moustaches », ces poils disposés de chaque côté de son museau ne servent pas à faire joli, contrairement aux bacchantes de nos grands-pères ! La vision des rongeurs étant particulièrement médiocre, les vibrisses leur permettent de « percevoir » leur environnement immédiat.

Après une période d’entraînement pour habituer les bestioles à supporter des impulsions nerveuses artificielles, les chercheurs ont équipé leur propre caboche d’une interface neuronale non invasive, c’est-à-dire sans implants chirurgicaux. Ils ont employé de simples casques électroencéphalographes ou EEG pour téléguider les rats à travers les couloirs du labyrinthe. Les ordres mentaux étaient simples à formuler, comme de penser à bouger le bras gauche ou le bras droit pour diriger d’un côté ou de l’autre les rongeurs. Le signal « En avant toute » était obtenu en clignant des yeux.

Ainsi connectés par l’intermédiaire de leurs implants aux cerveaux des chercheurs, ces robots vivants étaient donc faits comme des rats en quelque sorte ! N’ayant pas d’autres choix que d’obéir aux stimuli neurologiques fictifs. L’objectif à terme, serait de créer des animaux cyborgs équipés de caméras pour retrouver des personnes sous des décombres, argumentent les scientifiques. Ou d’effectuer des missions d’espionnage, est-on aussi en droit de se demander. Ce contrôle mental à distance semble fonctionner à sens unique.

Dommage ! Il aurait été peut-être amusant de voir des expérimentateurs chinois, complètement indifférents à la souffrance animale, se faire mener, à leur tour, par le bout du nez, téléguidés par des rats égouts pour aller explorer les sous-sols du labo. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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