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Brexit: les Britanniques entre lassitude et déception

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La Première ministre britannique, Theresa May, s'entretient avec des représentants du monde des affaires lors de sa visite à Belfast, en Irlande du Nord, le 5 février 2019.
La Première ministre britannique, Theresa May, s'entretient avec des représentants du monde des affaires lors de sa visite à Belfast, en Irlande du Nord, le 5 février 2019. Liam McBurney / Pool via REUTERS

Au Royaume-Uni les négociations sur le Brexit se compliquent chaque jour un peu plus. Les Britanniques, les journalistes et les députés eux-mêmes commencent à perdre patience et à se demander s’il y aura véritablement un accord au bout du tunnel.

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Dans les grandes lignes, après dix-sept mois de discussions laborieuses entre Londres et Bruxelles, un projet d’accord de sortie a finalement été trouvé le 13 novembre 2018.

Ce projet d’accord de 585 pages détermine les règles qui s’appliqueront tout au long de la période de transition pendant laquelle le Royaume-Uni se détachera petit à petit des institutions européennes. Cet accord, Theresa May ne parvient pas à le faire ratifier par la Chambre des communes. Du côté européen, il a été entériné très rapidement, mais outre-Manche, il a provoqué des démissions à la chaîne, dont celle du ministre du Brexit lui-même.

May, de défaite en défaite...

Depuis, Theresa May va de défaite parlementaire en défaite en tentant de faire adopter ce texte ou une version de ce texte, mais rien n’y fait. Les députés rejettent ces propositions : la plupart d’entre eux bloquent sur un point particulier, celui qui concerne la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord : ce qu’on appelle le backstop.

Dans le détail, la libre circulation des biens et des personnes devra être contrôlée entre les deux Irlandes au lendemain du Brexit et en attendant qu’une solution soit trouvée pour éviter le retour d’une frontière physique. L’accord de sortie prévoit de laisser l’Irlande du Nord au sein du marché unique et de regrouper le Royaume-Uni et l’UE dans un « territoire douanier commun » pour que les produits puissent circuler relativement librement jusqu’à la fin de la période de transition. Et c’est cela que personne ne veut accepter puisque cela signifie que le Royaume-Uni garderait un pied dans l’UE.

Les négociations au point mort

Plus personne ne cache sa lassitude devant ces négociations qui sont clairement au point mort. Et pourtant il y a beaucoup d’agitation, mais une agitation qui ne mène nulle part, à l’instar du vote de jeudi dernier qui n’était que symbolique et finalement inutile. L’un des correspondants politiques de la BBC disait l’autre jour que les députés « attendaient Godot ». Les députés débattent sur des points de procédure tandis que la Première ministre Theresa May repousse continuellement les échéances. Beaucoup l’accusent de volontairement jouer la montre pour que les députés n’aient plus le choix que d’accepter son accord. Et finalement, à 41 jours du Brexit, on n’est pas beaucoup plus avancé qu’en novembre dernier quand l’accord venait tout juste d’être trouvé.

Des citoyens tout aussi lassés

Les Britanniques non plus ne cachent plus leur lassitude. Que ce soit dans le camp des « brexiters » les plus convaincus, où on voudrait sortir de l’UE le plus vite possible quitte à ce que cela se passe dans le chaos le plus total, ou chez les pro-Européens, où l'on en vient à ne même plus écouter les informations, par déception et dépit. Beaucoup de Britanniques à qui l’on parle ne savent désormais même plus où l’on en est vraiment et se sentent quelque peu dépassés par les événements.

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