Revue de presse Afrique

A “la Une”, coup de Trafalgar électoral au Nigeria

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Un membre de la police supervise le personnel ad hoc chargeant des boîtes dans un camion lors de la distribution de matériel électoral au bureau de l'INEC à Yola, dans l'État d'Adamawa, au Nigéria, le 15 février 2019.
Un membre de la police supervise le personnel ad hoc chargeant des boîtes dans un camion lors de la distribution de matériel électoral au bureau de l'INEC à Yola, dans l'État d'Adamawa, au Nigéria, le 15 février 2019. REUTERS/Nyancho NwaNri

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Coup de Trafalgar, même.. Alors que les pages du Figaro et de Libération consacrées à ce scrutin avaient été soigneusement montées, alors que la presse française avait, sans enthousiasme, accompli sa mission en tentant d’attirer l’attention de ses lecteurs sur les enjeux de ces élections au Nigeria, patatras ! A l’issue d’une réunion nocturne en urgence, la Commission électorale de ce géant de l’Afrique de l’Ouest annonçait le report d’une semaine des élections générales (présidentielle et législatives) prévues aujourd’hui. Motif : problèmes logistiques, expliquait cette institution nigériane.

Résultat : il va de soi que seules les versions sur Internet de quelques rares journaux français ont, à l’heure où nous parlons, commencé à réagir, en se bornant à mettre en ligne les premières dépêches d’agence.

Les journaux français sont d’autant plus pris de court que leurs éditions papier, elles, soulignaient déjà le caractère sans passion de ce scrutin, malgré ses enjeux, le limitant essentiellement à un duel entre deux candidats : le président sortant, Muhammadu Buhari, et son principal rival, Atiku Abubakar, en déplorant un « désespérant duel d’oligarques » dans un pays tout entier contenu dans la formule valise de « géant aux pieds d’argile ». Et pourtant le Nigeria « est appelé à peser sur la scène mondiale, pointait Libé : à l’horizon 2050, il sera, avec plus de 400 millions d’habitants, la troisième force démographique de la planète, derrière la Chine et l’Inde ». Alors, justement, coup de Trafalgar ? Attention, danger..

« Gilets jaunes », la menace fantôme

En France, c’est aujourd’hui l’acte XIV des « gilets jaunes ». Avec une tendance qui se dessine pour cette mobilisation sociale, le repli sur les ronds-points. C’est ce que signale le journal Le Parisien, en évoquant un « possible retour sur les ronds-points ». Pourquoi cette incertitude ? Parce que les appels à manifester sont très fragmentés », souligne ce journal.

Après les violences ayant émaillé les actes précédents, les organisateurs semblent vouloir revenir à leurs « bases » originelles et donnent en effet l’impression d’errer sans savoir où aller, tel un canard sans tête.  

Et le plus grand flou plane sur le devenir de ce mouvement de contestation. Comme l’explique le journal La Charente Libre, « le succès d’un mouvement qui a tant touché l’opinion est aussi sa faiblesse. Il est anonyme et propre à chacun de nous. Aucune tête ne pourra jamais le représenter. Il échappe à toute syndication. Le pouvoir aurait sans doute apprécié avoir des interlocuteurs crédibles pour composer. Il n’a pas ce choix. Il lui revient donc de se réformer lui-même, d’écouter et de rompre avec le mépris, pour répondre à ce bruit sourd que le tapage des samedis ne fait que rappeler, au risque désormais d’en menacer la portée ».

Et pendant ce temps, le grand débat se poursuit en France. Ce qui est aussi reproché au pouvoir. Paradoxe que souligne le journal La Presse de la Manche. « On s’étonne presque que le chef de l’État écoute et réponde. Il devrait se taire. Mieux, il devrait rester à l’Élysée et ne plus intervenir. Ses rencontres en région lassent. Pourquoi ne pourrait-il aller dans toutes les régions ? En oublier serait méprisant. (…) Réclamer la parole présidentielle pour lui dire de se taire dès qu’il parle paraît curieux ». En effet..

Reste que ce « grand débat » ne semble pas, pour l’instant, désamorcer la « menace » que fait planer sur la France ce mouvement des « gilets jaunes ». Ce qui « s’entend beaucoup, au moment où les gilets jaunes se préparent à jouer un quatorzième “acte” (serait que) la France connaîtrait un climat prérévolutionnaire, dont le mouvement des jaunes ne serait qu’un signe annonciateur, énonce L’Eclair des Pyrénées. Et pour leur démonstration, ceux qui défendent   ou alimentent   cette thèse s’appuient sur la montée parallèle des haines, des violences, et aussi, hélas, des actes antisémites ».

C’est ce qui inquiète le plus Le Figaro. « Maintenant, ça suffit ! », lance « en Une » ce quotidien. Lequel pointe le « désarroi » des partis et des syndicats. « Sans interlocuteurs désignés et incontestés, le pouvoir exécutif tente de surnager dans les eaux agitées de la contestation. Les milliards débloqués par le chef de l’État le 10 décembre n’ont pas apaisé le climat. Le grand débat national devait aussi avoir cette vertu. Il n’en a pas encore fait la preuve. Il a encore un mois pour l’apporter. Mais d’ici là, les saccages doivent s’arrêter », enjoint Le Figaro.

Les Mark Zuckerberg au petit pied

Dans le scandale de la Ligue du LOL, ce groupe privé de journalistes, graphistes et communicants ayant récemment reconnu s’être adonnés à du cyberharcèlement sur Twitter, la presse fait son introspection. C’est par exemple le cas de Libération, puisque ce journal a été touché par cet événement qui fait scandale en France.

« Technologiquement modernes, ces jeunes gens changés en tourmenteurs numériques étaient tout bonnement archaïques. Ils ont confondu changement et progrès, nouveauté et civilisation. (…) Secoué à son corps défendant par cette affaire, notre journal n’entend pas s’exonérer de cet examen de conscience général », promet Libération.

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