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Bonjour l'Europe

Autriche: vers un congé paternité obligatoire

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Heinz-Christian Strache veut faire du congé paternité un véritable droit pour les citoyens.
Heinz-Christian Strache veut faire du congé paternité un véritable droit pour les citoyens. REUTERS/Heinz-Peter Bader

Le vice-chancelier autrichien, Heinz-Christian Strache, veut faire du congé paternité un véritable droit pour les citoyens. Il souhaiterait en effet que tous les pères aient la possibilité de prendre un mois de congé pour s’occuper de leur nouveau-né.

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Heinz-Christian Strache, qui est aussi le leader du FPÖ, le parti d’extrême droite, revient lui-même de congé paternité. Après la naissance de son fils au début de l’année, il a en effet pris 4 semaines pour s’en occuper. Une période qui lui a permis, selon ses dires, de « créer un lien important » avec son enfant. Fort de cette expérience, il veut aujourd’hui que ce mois de congé paternité, appelé papamonat en Autriche, devienne un véritable droit. Car aujourd’hui, les pères peuvent demander ce congé, qui est indemnisé à hauteur de 700 euros par la sécurité sociale mais l’employeur peut tout à fait refuser. C’est pourquoi en 2018, seul 8% des hommes devenus pères ont bénéficié du papamonat, soit 7 338 personnes. Heinz-Christian Strache veut donc généraliser ce système, en enlevant aux employeurs la possibilité de refuser le papamonat aux salariés.

Une proposition acclamée par l'ensemble de la classe politique

Fait suffisamment rare pour être souligné : le FPÖ a reçu le soutien des partis d’opposition, des verts au parti social-démocrate. En revanche, les milieux économiques sont vent debout contre cette généralisation du congé paternité. La Chambre de commerce autrichienne a fait part publiquement de ses craintes concernant les PME, si nombreuses et importantes en Autriche. Selon l’organisation, il sera difficile pour ces petites entreprises qui ont peu de salariés de faire face à l’absence prolongée d’un employé. Des arguments repris par plusieurs membres du parti conservateur dont la ministre de l’économie, Margarete Schramböck qui estime que ce congé paternité pour tous pourrait menacer l’emploi. Le chancelier Sebastian Kurz ne semblait lui-même pas favorable à la généralisation du papamonat.

Le chancelier cède

Face à la pression du FPÖ et des partis d’opposition, le chancelier Sebastian Kurz a annoncé la semaine dernière qu’une proposition allait être élaborée. Proposition qui devra prendre en compte les intérêts économiques du pays, a-t-il précisé. On ne sait donc pas si l’accord de l’employeur restera nécessaire pour avoir accès au papamonat. Cela sera dévoilé dans les mois à venir. Ce sujet est en tout cas une préoccupation européenne puisque les institutions de l’UE ont convenu, fin janvier, d’introduire à l’échelle de l’Union un minimum de dix jours de congé paternité, qui seront rémunérés à hauteur de la prestation maladie.

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