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Nouvelles technologies

AntBot, robot fourmi sans GPS

Audio 02:06
Sur un parcours de 14 mètres, l’engin semblable à une fourmi a été capable de revenir à son point de départ avec une précision d'un centimètre.
Sur un parcours de 14 mètres, l’engin semblable à une fourmi a été capable de revenir à son point de départ avec une précision d'un centimètre. Getty Images

AntBot, le robot fourmi sans dispositif GPS, mis au point par des chercheurs français, a un sens aigu de l'orientation. Son système de vision des ultraviolets et polarisés du ciel, lui permet de retrouver immanquablement son chemin.

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Contrairement à nos yeux qui sont insensibles à la lumière polarisée et au rayonnement ultraviolet, de nombreux insectes ont la capacité de percevoir les UV et l’orientation des ondes lumineuses lorsque leurs fréquences vibrent à l’unisson dans un même plan. Ce phénomène dénommé la polarisation est à l’œuvre, par exemple, dans la propagation de la lumière bleue en provenance du ciel. Selon certains chercheurs, les Vikings sur leurs drakkars détectaient le sens de ces vibrations pour déterminer la position de l’astre du jour caché par d’épais brouillards, en employant un cristal semi-transparent dénommé « pierre de soleil ».

Certains insectes font de même, mais grâce à leurs yeux. C’est le cas de la fourmi du désert Cataglyphis, qui est devenue au cours de l’évolution la championne de cette navigation par ondes lumineuses. Les hautes chaleurs de l’environnement, brûlant la moindre goutte de phéromone, lui interdisent de recourir à ces traces odorantes pour flécher son parcours. Son système oculaire, en revanche, agit comme une véritable « boussole solaire », permettant à l’insecte de s’orienter à la lumière polarisée du firmament. La bestiole compte aussi ses pas pour déterminer la distance qu’elle a parcourue.

Fourmi robotique géante

Cet ensemble de données, une fois combinées par son système nerveux, lui offre la possibilité de rentrer sans encombre directement au bercail. Équipé d’un « compas optique », le robot « AntBot » imite ses talents de navigatrice, annoncent les bio-roboticiens français de l’Institut des Sciences du Mouvement de Marseille. Cette fourmi robotique géante de 2,3 kilos se déplace sur six pattes, plutôt que sur roues, afin de franchir aisément les obstacles qui encombreraient son chemin.

Le prototype testé n’a utilisé aucun système de positionnement GPS, ni aucune cartographie numérique embarquée. Sur un parcours de 14 mètres, l’engin a été capable de revenir à son point de départ avec une précision d'un centimètre. La « boussole céleste » du robot fonctionne évidemment par temps couvert, elle se compose de mini capteurs sensibles aux ondes ultra-violettes et polarisées du ciel diurne pour garder le cap. La machine garde en mémoire le nombre de ses « pas » afin de revenir à la base.

Pour l’instant, ce système de localisation original serait perturbé la nuit par la pollution lumineuse des grandes villes, indiquent les chercheurs. Ils espèrent néanmoins peaufiner leur innovation pour le moins rayonnante pour doter des drones, des robots et des véhicules autonomes, du sens aigu de l'orientation dont font preuve, depuis la nuit des temps, les petites fourmis du désert.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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