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Chronique des matières premières

Soja et déforestation: la vigilance des entreprises françaises insuffisante

Audio 01:37
Au Paraguay, les champs de soja grignotent la forêt.
Au Paraguay, les champs de soja grignotent la forêt. Jim Wickens/Ecostorm/2017

Soja et déforestation : quelle est la vigilance des entreprises françaises sur leur approvisionnement ? Deux ans après le vote d'une loi pourtant contraignante dans l'Hexagone, trois associations écologistes font un bilan très négatif des efforts accomplis.

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Le soja est négligé par les entreprises françaises pourtant soumises à un devoir de vigilance sur leur approvisionnement direct ou indirect depuis deux ans. Les ONG France Nature Environnement, Mighty Earth et Sherpa ont adressé un questionnaire à 20 groupes français identifiés comme les plus gros utilisateurs de soja, dans les secteurs de l'alimentation animale, de la viande, des produits laitiers, de la restauration collective et de la grande distribution.

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Aucune de ces entreprises n'a de vigilance satisfaisante sur le soja, selon le rapport. Dix n'ont rien mis en place : Lactalis et Sodiaal (produits laitiers), Auchan, Leclerc (grande distribution), Sodexo, Elior, Olivier Bertrand (restauration collective), Bigard (boeuf), LDC (volaille), Neovia (nutrition animale). Sept en sont aux prémices : Terrena (viande et produits laitiers) Cooperl (porc), Avril-Sanders (oléagineux et nutrition animale), Casino, Lidl, Système U et Mousquetaires (grande distribution). Trois seulement sont en voie d'acquisition d'un plan : Bel et Danone (produits laitiers), et Carrefour (grande distribution).

Soja plus caché

La prise de conscience et donc la pression des consommateurs est moins grande que sur l'huile de palme ou sur le cacao. « Le soja est pourtant la première source de déforestation importée, rappelle Etelle Higonnet de Mighty Earth, et elle se poursuit en Amérique du Sud », notamment dans la région du Cerrado, à cheval entre la Bolivie, le Paraguay et le Brésil. « Mais les trois-quarts du soja importés en Europe sont consommés par les porcs, la volaille et secondairement les bovins, c'est une consommation cachée ».

« Aller devant le juge »

Par ailleurs la loi sur le devoir de vigilance ne s'applique qu'aux entreprises qui emploient plus de 5 000 salariés sur le sol français ou aux multinationales de plus de 10 000 salariés dans le monde qui ont des activités en France. Le géant des oléagineux et de la nutrition animale Avril-Sanders passe ainsi à travers les mailles du filet. S'agissant des compagnies qui sont sous le coup de la loi et qui n'ont pas changé de cap, les ONG auteurs de l'enquête n'excluent pas, selon Etelle Hugonnet « d'aller devant le juge, dans 6 mois ou un an ».

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