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Revue de presse française

A la Une: la rumeur court toujours…

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Un camp de Roms à Bobigny, le 25 mars 2019.
Un camp de Roms à Bobigny, le 25 mars 2019. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

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Les commérages, les on-dit, les bruits qui courent ont toujours existé mais depuis l’avènement des réseaux sociaux qui permettent une propagation éclair, les rumeurs et autres fausses informations sont de plus en plus nombreuses et donnent lieu parfois à des drames. Dernier exemple en date : cette rumeur évoquant des tentatives d’enlèvements d’enfants par des personnes circulant en camionnette blanche. Résultat : une « chasse aux Roms », aux gens du voyage, a eu lieu en début de semaine en Seine-Saint-Denis, près de Paris. Au total, pointe Le Figaro, « 20 interpellations ont eu lieu, et onze personnes étaient toujours en garde à vue hier mercredi ».

Ce matin, les éditorialistes reviennent sur cette affaire

« A l’ère numérique, jamais la rumeur n’a si vite couru, constate Sud-Ouest. Ce qui se chuchotait sous le manteau se partage en temps réel. L’homme qui a vu l’ours le clame urbi et orbi, embarquant les gens de bonne foi dans le sillage des malintentionnés. Et comme souvent, la peur et la colère se retournent contre ceux des marges. Les Roms, venus de pays d’Europe orientale où ils sont discriminés et menacés, peinent à trouver, en France, le soutien matériel qu’ils espèrent. Et c’est un de leurs bidonvilles de Seine-Saint-Denis que vise une expédition punitive qui en dit long sur la violence des préjugés. »

« Internet a bon dos… »

« Cette inquiétante "chasse aux Roms" renvoie aux pires heures de notre histoire, soupire L’Est Républicain, et interroge sur l’état d’une partie de l’opinion. Ce fait-divers en dit long, aussi, sur la défiance actuelle vis-à-vis de toute forme de pouvoir. En Seine-Saint-Denis, ni les messages rassurants des élus, ni ceux diffusés par la police n’ont suffi à éteindre l’incendie qui s’était propagé sur internet. Rendre les réseaux sociaux responsables des pires bruits qui courent serait toutefois se tromper de cible. »

En effet, pointe Le Courrier Picard, « internet a bon dos. Il convient plutôt de mettre cet emballement sur le compte de la stupidité humaine, qui n’a pas de couleur, de nationalité ou de sexe. La stupidité universelle qui traverse les âges. »

Le Républicain Lorrain s’agace : « il n’y a pas plus de kidnappeurs d’enfants en Seine-Saint-Denis qu’il y a eu de traite des blanches à Orléans ou d’araignées dans les yuccas. La rumeur reste un défi posé à la raison. Qu’il faille démentir de telles fadaises a quelque chose de désespérant. Mais faute de remède, le choix ne se pose pas. »

Algérie : prochains jours décisifs

Dans les journaux également, la situation en Algérie… après le lâchage par l’armée du président Bouteflika.

« Les manifestants ont déjà prévenu, relève Le Journal de la Haute-Marne : ils veulent la fin du système et de sa marque de fabrique, la corruption. Le chef de l’état-major de l’armée dit avoir compris les aspirations populaires, mais nombre de généraux sont compromis dans des magouilles économiques. Visiblement les uns et les autres n’ont pas la même vision du grand nettoyage qui s’impose à l’Algérie. Un malentendu qui risque d’apparaître de plus en plus évident. Et qui rend aléatoire tout pronostic. »

En effet, complète L’Eclair des Pyrénées, « reste à savoir ce que l’avenir nous réserve. L’enthousiasme pourrait être rapidement douché si les militaires algériens devaient simplement remplacer les acteurs du système. Le régime est certes clairement menacé. Mais l’espoir doit être, pour l’heure, relayé par la plus grande prudence. »

Pour Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « les prochains jours seront décisifs. Dans l’immédiat on notera que même si l’armée manœuvre pour gagner du temps, elle prend au sérieux la révolte de la rue et refuse la répression brutale. Quant aux protestations, elles sont pacifiques. C’est un double signe optimiste. Il faut que tout le monde s’y tienne. »

Rwanda : la France « dans l’ombre »

A l’approche du 25e anniversaire du génocide rwandais, « la France reste dans l’ombre » : constat établi par Libération.

« Emmanuel Macron ne se rendra pas à Kigali le 7 avril pour le 25e anniversaire du début des massacres à grande échelle dont ont été victimes les Tutsis. Un mauvais signal, estime Libération, alors que l’ouverture des archives n’est pas acquise et que la compétence de la future commission sur le rôle de Paris en 1994 interroge. »

Libération précise : « en l’absence de Macron, c’est Hervé Berville, député LREM des Côtes-d’Armor, qui représentera la France à Kigali. "Le Président avait d’autres engagements, mais attache beaucoup d’importance à la place du génocide dans notre mémoire, d’où notamment sa volonté d’envoyer un représentant personnel qui a des liens avec ce pays", explique au journal ce jeune élu de 29 ans, orphelin rescapé du génocide et arrivé en France à l’âge de 4 ans en 1994, avant d’être adopté par une famille bretonne. [...] Au-delà des maladresses du casting, poursuit Libération, le malaise est peut-être plus profond. Ce désistement intervient alors que se profilerait un nouveau verrouillage des archives dont des chercheurs, historiens et journalistes réclament la déclassification. »

Le journal croit en effet savoir que « la constitution d’une commission spéciale sur le rôle de la France au Rwanda sera bientôt annoncée. Elle serait présidée par un haut fonctionnaire et exclurait déjà de nombreux spécialistes réputés sur ce dossier. Pire encore, elle n’aurait de toute façon accès qu’à une sélection de documents choisis par l’Etat. Bien loin de la transparence promise par Macron et, avant lui, par Hollande. »

May offre sa tête…

Enfin, le feuilleton du Brexit… Theresa May annonce qu’elle démissionnera si elle parvient à mener à bien le Traité de retrait de l’UE qu’elle négocie depuis plusieurs mois avec Bruxelles.

« May offre son départ pour sauver le Brexit », s’exclame Le Figaro. « La première ministre promet à ses députés de passer la main s’ils approuvent son accord de sortie de l’UE (accord qu’ils ont pourtant déjà rejeté à deux reprises). »

Commentaire de Libération : « ce n’est pas un chantage, mais ça y ressemble beaucoup. »

Pour leur part, rappelle La Croix, « les Européens ont donné à la première ministre britannique le choix. Soit l’accord est voté et le Royaume-Uni effectue une sortie ordonnée de l’UE, avec un court report fixé au 22 mai. Soit l’accord est rejeté, et Londres aura jusqu’au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report, qui impliquerait la tenue d’élections européennes fin mai dans le pays. Sinon, ce serait une sortie sans accord. Un scénario de plus en plus vraisemblable auquel se prépare Bruxelles. »

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