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Bonjour l'Europe

Serbie: Belgrade serait une plaque tournante du trafic européen de cocaïne

Audio 03:44
Une vue de Belgrade en Serbie (image d'illustration).
Une vue de Belgrade en Serbie (image d'illustration). (cc) Vlada Marinkovic/wikipédia
Par : Laurent Rouy
7 mn

Selon certains analystes, la capitale serbe la plaque tournante du trafic de cocaïne européen. Une affaire très récente met en lumière la Serbie sous l'angle de ce trafic de drogue.

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De notre correspondant à Belgrade

Tout commence par une saisie record de cocaïne en Roumanie. C'était il y a cinq jours, dans le delta du Danube, tout près de la mer Noire. Dans une embarcation chavirée, la police découvre plus d'une tonne de cocaïne presque pure en provenance directe, a priori, de Colombie. La valeur de la saisie avoisine les 300 millions d'euros. La police avait été mise en alerte après la découverte, la semaine dernière, d'un paquet d'un kilo de cocaïne pure, tombée d'un camion. Au cours de l'opération, les policiers roumains ont arrêté deux ressortissants serbes. Pour la police roumaine, la saisie est complètement inhabituelle, tout comme le reste de l'affaire, et les soupçons se portent aussitôt sur le voisin de l'ouest, la Serbie.

Il est évident que la quantité saisie n'était pas destinée au marché roumain et que la Roumanie ne jouait ici que le rôle de pays de transit vers l'Europe de l'Ouest. Et il y a plusieurs raisons qui font que les enquêteurs s'intéressent aux ramifications serbes de l'affaire.

D'abord, parce que cette saisie de part son importance en rappelle une autre très ancienne : en 2009, la police colombienne avait saisi 5,7 tonnes de cocaïne sur un voilier dans l'Atlantique. Cette saisie record avait conduit à l'arrestation du boss serbe Darko Saric, actuellement en prison, à qui cette cargaison était destinée. C'est à cette époque qu'on a commencé à penser que les Serbes jouaient un rôle au moins au niveau européen dans le trafic.

Lutte serbo-monténégrine

L'autre événement notable, c'est la mort très suspecte il y a quelques jours d'un ressortissant serbe à Medellin, l'ancien fief de Pablo Escobar. Et ce Serbe n'est pas n'importe qui : c'est un certain David Vidakovic, frère de Milos Vidakovic, un truand assassiné en 2013 à Budva au Monténégro. Or l'assassinat de Budva était allé de paire avec une autre exécution, cette fois à Belgrade en 2013, celle de Nikola Bojovic, le frère du chef du clan de Zemun, la banlieue de Belgrade.

Milos Vidakovic a été exécuté en 2013, mais son frère est mort ces jours-ci en Colombie. Depuis cinq ans, il y a eu 98 meurtres de style mafieux en Serbie et au Monténégro, et la raison en serait la lutte entre les clans serbes et monténégrins pour le contrôle du trafic européen de la cocaïne. Des enquêtes ont déjà montré que des Serbes ou des Monténégrins approvisionnaient la Hollande, c'est-à-dire la plaque tournante du trafic pour le nord de l'Europe.

Pour revenir à la saisie effectuée en Roumanie la semaine dernière, il faudra attendre un peu avant de connaître les commanditaires et les destinataires. Mais pour les experts locaux des réseaux de crime organisé, il ne fait aucun doute que l'ordonnateur de l'opération est à rechercher à Belgrade.

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