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Le monde en questions

Incendie de Notre-Dame: pourquoi tant d’émotion planétaire?

Audio 02:43
Veillée pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 16 avril 2019.
Veillée pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 16 avril 2019. RFI/Pierre René-Worms

Comme chaque semaine, nous retrouvons la chronique de Bruno Daroux, Le Monde en Questions. Cette semaine, retour sur le terrible incendie qui a en partie détruit la cathédrale Notre-Dame de Paris, lundi soir. Et la question posée est la suivante : pourquoi l’incendie de Notre-Dame a-t-il provoqué autant d’émotion, en France bien sûr, mais aussi dans le monde entier ?

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Eh bien, tout simplement parce que Notre-Dame de Paris est sans doute la cathédrale la plus connue dans le monde. Car ce n’est pas la première fois qu’un bâtiment de ce type est victime d’un incendie.

Mais que cela arrive à Notre-Dame, à Paris, voilà qui a paru inconcevable. La faute, si l’on peut dire, d’abord au temps. Peu de monuments sur terre peuvent présenter cette résistance à l’épreuve du temps qui passe et qui détruit, et qui tue – grande angoisse de l’homme.

Et c’est cette incroyable résistance au temps qui confère en partie la notoriété. Avec, aussi, cet attrait indéfinissable pour la beauté pure. Il en va de même pour les Pyramides d’Égypte ou la Grande Muraille de Chine par exemple.

C’est donc l’alliage de la beauté et de la durée qui fait de Notre-Dame et de ces bâtiments, au-delà même de sa présence en soi comme bâtiment, un symbole. Artistique, beau et authentique– témoignage aussi, dans le cas présent, de siècles de religion, d’Histoire, et de politique.

Une cathédrale symbole de l’Histoire de France

Du coup, cette cathédrale est chère à tous les catholiques, mais aussi à tous les Français, car elle incarne, physiquement, nombre d’heurs et malheurs de l’Histoire de France – elle a été régulièrement une actrice de cette histoire mouvementée. Et elle touche le cœur de tous les humains dans le monde par ses qualités artistiques et culturelles, présence vivante de l’art gothique le plus abouti.

Il est des lieux qui sont des liens. Devant tant de beauté, tant de grandeur, tant de solidité, créée dans la douleur, dans la durée et dans l’anonymat, par des générations de bâtisseurs qui voulaient se convaincre que les pierres résistent, elles, à la mort si tristement humaine, eh bien les esprits s’unissent – tristesse partagée à la vue de flammes dévastatrices qui ont failli emporter l’un des joyaux de l’humanité.

Et puis, il faut le dire aussi, Notre-Dame a eu la chance de voir sa notoriété décuplée par le génie de la plume de Victor Hugo. Un roman qui lui-même a eu un retentissement planétaire avec le concours des nouvelles industries de divertissement du XXe siècle – le cinéma, la comédie musicale et même le dessin animé.

Comment rebâtir Notre-Dame ?

Le feu lundi a failli mettre à bas ce symbole universel : mais Notre-Dame a résisté, avec le concours actif et héroïque des pompiers de Paris. Elle sera rebâtie. À l’identique ? Le débat ne fait que commencer. Les matériaux, en tout cas, ne seront pas authentiques.

Alors, Notre-Dame sera transformée, peut-être, mais restera offerte aux millions de visiteurs du monde. Dans 5 ans, dans 15 ans ? Peu importe en fait. Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre. Mais présente à jamais, ou en tout cas pour des décennies. Parisienne, française, et mondiale.

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