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Autriche: vers une nouvelle alliance droite-extrême droite ?

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Sebastian Kurz est devenu le premier chancelier autrichien à être renversé par le Parlement. Ici à Vienne, le 27 mai 2019.
Sebastian Kurz est devenu le premier chancelier autrichien à être renversé par le Parlement. Ici à Vienne, le 27 mai 2019. REUTERS/Lisi Niesner

Les Autrichiens vont de nouveau voter le 29 septembre prochain pour élire leurs députés et leur chancelier, qui devra composer un nouveau gouvernement. Ces législatives anticipées sont la conséquence de l’Ibizagate, du nom de ce scandale de corruption révélé par une vidéo en mai dernier et qui a conduit à la chute du gouvernement droite-extrême droite, à la tête du pays depuis décembre 2017. Pourtant, à l’issue de ces élections, le parti conservateur et celui d’extrême droite pourraient de nouveau s’allier pour gouverner.

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Cela peut paraître surprenant, mais deux mois après la révélation du scandale Ibizagate qui a eu raison de la coalition entre conservateurs et extrême droite en Autriche, les deux partis envisagent de reconduire cette alliance après les législatives de septembre. Les sondages sont très favorables au parti conservateur, donné à 37 % des intentions de vote, mais aussi au FPÖ, le parti d’extrême droite qui, loin de s’être effondré, reste stable autour de 20 %.

Le FPÖ a plusieurs fois dit qu’il souhaitait renouveler cette coalition, mais le parti conservateur laissait planer le doute. Jusqu’au week-end dernier, lorsque Gernot Blümel, un conservateur très proche de l’ex-chancelier Sebastian Kurz, a expliqué dans une interview que son parti n’excluait pas cette possibilité. Il y a toutefois mis une condition : l'absence de Herbert Kickl, l’ancien ministre de l’Intérieur, un membre très influent du FPÖ.

Herbert Kickl, un homme controversé

Il est la personnalité qui a le plus divisé lors du mandat du précédent gouvernement, un habitué des polémiques. Herbert Kickl a par exemple évoqué une fois son souhait de regrouper les demandeurs d’asile dans des centres « de manière concentrée », une expression qui a choqué une partie de l’Autriche, car elle renvoie à la période nazie. Il a également mené, en un an et demi, une politique très stricte vis-à-vis des étrangers en durcissant notamment la législation sur l’asile.

Surtout, l’opposition lui a maintes fois reproché sa mainmise sur les services de renseignement autrichiens et déplorait la méfiance qui en résultait de la part des services de renseignement alliés. Les critiques ciblaient également Sebastian Kurz, alors chancelier, accusé de fermer les yeux sur toutes ses actions. Aujourd’hui candidat à la chancellerie pour le parti conservateur, Sebastian Kurz semble avoir changé sa position.

Changement stratégique

À en croire certaines analyses, ce changement de position serait stratégique car en raison de toutes ces polémiques, Herbert Kickl ne serait pas jugé acceptable par une partie des électeurs sur lesquels comptent les conservateurs. Sauf que le parti d’extrême droite, lui, refuse de laisser Herbert Kickl sur le côté, car il est non seulement un membre influent, mais aussi le stratège du FPÖ.

« Le parti conservateur a peur d’Herbert Kickl parce qu’il travaille trop bien [...] et trop vite » a ainsi expliqué Harald Vilimsky, le secrétaire général du FPÖ. Les négociations ont donc commencé avant même la tenue des élections.

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