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Bonjour l'Europe

Pologne: des commémorations de la Seconde Guerre mondiale en demi-teinte

Audio 03:23
À Wielun, ce 1er septembre 2019, le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à dr.) a demandé pardon aux victimes de l'agression allemande contre la Pologne, premier acte de la Deuxième Guerre mondiale.
À Wielun, ce 1er septembre 2019, le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à dr.) a demandé pardon aux victimes de l'agression allemande contre la Pologne, premier acte de la Deuxième Guerre mondiale. Alik KEPLICZ / AFP

Ce dimanche, une quarantaine de délégations, chefs d’État et de gouvernement sont attendus à Varsovie. La capitale polonaise accueille les cérémonies commémorant le début de la Seconde guerre mondiale, quatre vingt ans après l’attaque du pays par l’armée allemande, le 1er septembre 1939. La chancelière allemande, Angela Merkel, le Premier ministre français Édouard Philippe et le vice-président américain, Mike Pence, sont notamment présents.

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Le gouvernement polonais souhaitait s'appuyer sur les commémorations de ce dimanche pour se renforcer dans la perspective des élections législatives qui auront lieu le 13 octobre 2019. La première volonté était de se placer aux côtés des grandes puissances de la planète et l'objectif semble avoir été manqué. Certes, la chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé au dernier moment sa venue à Varsovie. Le président, Frank-Walter Steinmeier est également présent, tout comme Édouard Philippe, le Premier ministre français.

Mais l'absence des dirigeants des grandes puissances comme Emmanuel Macron, Boris Johnson ou encore Donald Trump, se fera sentir. La visite de ce dernier était pourtant annoncée en grandes pompes, avec un discours à la mi-journée devant les caméras du monde entier suivi d'un dîner au château royal de Varsovie.

L'ouragan est passé par là

Néanmoins, Donald Trump a préféré rester aux États-Unis, en prévision de l'arrivée du phénomène climatique Dorian sur les côtes américaines. C'est donc Mike Pence, le vice-président, qui remplace Donald Trump. L'image forte, voulue par les Polonais, avec Andrzej Duda, le président polonais et Donald Trump sur la place Pilsudsi où se déroulent les cérémonies, ne se concrétisera donc jamais.

Pour Varsovie, dont les relations avec l'Union européenne sont toujours tendues, se rapprocher des Américains aurait pu donner l'impression que la Pologne est moins isolée sur la scène internationale et ainsi donner du crédit au pouvoir en place.

Aussi, le locataire de la Maison-Blanche devait confirmer lors de sa visite l’arrivée de 1 000 soldats américains supplémentaires sur le sol polonais afin de renforcer le flanc est de l’Otan face au voisin russe. C’est donc Mike Pence, le vice-président américain, qui hérite de cette tâche. Forcément, l’impact de ses propos sera moins fort que ceux qu’aurait pu prononcer Donald Trump.

L'absence remarquée de Vladimir Poutine

Le président russe n’a tout simplement pas été invité par Varsovie. Officiellement, en réponse à l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014 mais aussi parce que le chef de l’État polonais n’a choisi d’inviter que les présidents des pays membres de l’Otan, de l’UE et du Partenariat oriental. Coïncidence, la Russie ne fait partie d'aucune de ces organisations.

Il faut aussi dire que les relations diplomatiques entre la Pologne et la Russie sont aujourd’hui quasi-inexistantes. Déjà, au mois de février dernier, Varsovie n’avait pas envoyé de carton d’invitation à Moscou pour participer à une grande conférence internationale sur la sécurité au Moyen-Orient et sur l’Iran.

De plus, les ultra-conservateurs du PiS, Droit et Justice, brandissent régulièrement la menace d’une attaque russe. Et certains d’entre-eux accusent Moscou depuis neuf ans d’avoir causé la chute de l’avion présidentiel. À Smolensk, en 2010, le chef de l’État, Lech Kaczynski, son épouse et les principaux dirigeants de l’armée étaient morts dans l’accident. Difficile, donc pour le président polonais de s’afficher aux côtés de Vladimir Poutine.

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