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Chronique des matières premières

La Chine désormais première destination du porc français à l’export

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Un porc Chinois.
Un porc Chinois. GREG BAKER / AFP

Les éleveurs de porc en France sont à la fois inquiets et soulagés. Inquiets de l’expansion de la fièvre porcine africaine, détectée en Belgique, de l’autre côté de la frontière. Soulagés de voir les prix leur profiter enfin, après 10 ans de crise.

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C’est le branle-bas de combat en France contre la fièvre porcine africaine, qui décime les élevages en Chine. La France est indemne pour l’instant mais la menace se rapproche puisque le virus est présent en Belgique. Depuis le début de l’année, toutes les organisations professionnelles forment les éleveurs au nettoyage et aux désinfections nécessaires. L’heure est aux investissements dans des équipements : clôtures, sas d’entrée, quarantaines pour isoler les nouveaux animaux qui entrent pour la première fois dans les élevages.

Des dépenses qui n’auraient pas été consenties aussi facilement s’il n’y avait eu cette embellie des cours, liée elle aussi à la fièvre porcine africaine. Au marché au cadran, les carcasses se vendent 50% plus cher qu’au printemps. Non pas que les clients, les abatteurs français, vendent plus de porcs à l’étranger - le pourcentage est toujours le même, moins d’un tiers de la production française. Mais sur cette part d’export, la majorité part désormais vers la Chine, et à un prix plus élevé que vers l’Italie qui était jusque-là le premier client de la France.

Selon les calculs des organisations de producteurs, 150 000 tonnes de porc devraient être expédiées de France vers la Chine d’ici la fin de l’année. Le mouvement s’accélère maintenant que les stocks chinois de cochons issus des abattages s’épuisent. C’est ce qui fait dire à la filière porcine que l’augmentation des cours va se prolonger. D’autant qu’après la Chine, les Philippines voient à leur tour leurs élevages décimés.

Pour autant, si la Chine est la première destination du porc français, la France n’est pas le premier fournisseur de la Chine. Les États-Unis et le Canada étant pour le moment en retrait, c’est l’Espagne qui fournit le plus l’Empire du milieu. Elle exporte déjà 50% de sa production et, sans réglementation sur la taille des élevages, elle a l’intention d’augmenter encore son cheptel pour profiter d’une crise sanitaire qui risque de durer, de 3 à 10 ans en Chine - personne n’est capable de le dire.

La production française, elle, ne va pas bouger, estime-t-on à l’Institut français du porc. Les éleveurs vont juste profiter d’une meilleure rémunération pour souffler un peu.

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