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Les dessous de l'infox, la chronique

Hong Kong et les «agents de l'étranger»

Audio 03:41
Les autorités de Pékin soupçonnent des «agents de l'étranger» de soutenir le mouvement prodémocratie.
Les autorités de Pékin soupçonnent des «agents de l'étranger» de soutenir le mouvement prodémocratie. AFP Photos/Philip Fong
Par : Sophie Malibeaux
9 mn

Après plus de quatre mois de mobilisation du mouvement prodémocratie à Hong Kong, les autorités de Pékin accroissent la pression sur les sociétés étrangères, soupçonnées de soutenir les manifestants. Depuis le début de la contestation, la presse de Pékin dénonce l’influence étrangère. Sur les réseaux sociaux, rumeurs et « infox » viennent conforter cette thèse.

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Quand ce n’est pas dans les colonnes de la presse de Pékin, c’est sur internet que circulent les allégations de manipulation. Exemple : une photo partagée des centaines de fois sur Facebook, twitter ou Weibo : elle montre un véhicule à l’arrêt, et un groupe de personnes présentées -dans le texte en chinois qui l’accompagne- comme une équipe faisant partie d’un groupe opérationnel de soutien aux manifestants. L’homme qui a posté la photo à l’origine -un certain Fame Wong- décrit ainsi ce qu’il voit de son balcon : il aperçoit des gens à côté de la voiture, des individus de type caucasien, l’un d’eux chemise ouverte laisse apparaitre une musculature très développée. Il est désigné comme un « conseiller de l’étranger » mais, en réalité, l’homme visible sur la photo a été parfaitement identifié depuis, c’est Ian Pannell, reporter d’ABC news, qui a effectivement couvert les événements particulièrement violents du premier octobre dernier à Hong Kong, comme en témoigne les reportages diffusés par ABC news et l'enquête menée par le bureau AFP de Hong Kong.  Rien à voir avec un quelconque commando en charge de mener les manifestants.

C'est un fait, il y a beaucoup d'étrangers à Hong Kong. Le chercheur Jean-Philippe Béja explique néanmoins comment leur présence est instrumentalisée, à l'occasion de ces événements.

Jean-Philippe Béja : «Hong Kong est une ville internationale»

Hong Kong ville internationale, ce n’est pas une découverte. Mais l’implication étrangère dans la contestation est amplifiée de façon artificielle par les partisans du régime, en particulier par ceux qu’on appelle les « Wu Mao » surnom donné aux internautes à la solde du régime. « Wu Mao » veut dire « 50 centimes », prix payé autrefois à ceux qui acceptaient de relayer la propagande. Ce sont aujourd’hui des internautes ou des robots qui font le travail. Ils prolifèrent sur les réseaux sociaux, pour s’en prendre à ceux qu’ils appellent les « émeutiers », qui seraient selon eux financés par des « agents de l’étranger ». Mais aucun fait ne vient étayer ces accusations.

Jean-Philippe Béja pour sa part, témoigne d’une tout autre réalité.

Jean-Philippe Béja: «Il y a un soutien énorme de la population»

Le risque, avec cet argument de « l’ingérence étrangère » c’est qu’il soit utilisé par les autorités pour justifier une répression toujours plus féroce.

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