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Chronique des matières premières

Sanctions américaines contre l'acier turc: le mal est déjà fait

Audio 01:55
Des barres d'acier.
Des barres d'acier. Getty Images/Stephan de Prouw

En représailles à l'intervention militaire de la Turquie en Syrie, le président américain vient d'annoncer que les importations d'acier turc seraient taxées à 50 %. En réalité ces importations turques ont déjà été réduites à néant.

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Si elles s'appliquent, les sanctions américaines contre l'acier turc n'auront pas beaucoup d'effet. Pour la bonne raison qu'il n'y a plus beaucoup d'acier turc à rentrer aux États-Unis. Il faut se rappeler que Washington avait déjà imposé des taxes de 25 % sur beaucoup d'aciers étrangers en juin 2018 et que l'administration américaine avait très vite doublé ce pourcentage pour la Turquie, au moment du bras de fer avec Ankara pour faire libérer le pasteur Andrew Brunson des geôles turques.

La Turquie n'est plus que le 19e fournisseur américain

L'acier turc était donc déjà taxé à 50 % depuis près d'un an. Ces taxes n'ont été ramenées à 25 % qu'en mai dernier par Washington. Mais pour le commerce de l'acier entre la Turquie et les États-Unis, le mal était déjà fait. En chute de 38 % en 2018, les exportations d'acier turc ont encore plongé de 76 % en 2019, d'après les données des douanes américaines. La Turquie exporte de l'acier laminé à chaud, de moins grande valeur. Avec des taxes il n'était plus du tout compétitif, étant donné les distances de transport. De 7e fournisseur des États-Unis en 2017, avec 1,7 million de tonnes d'acier, la Turquie a dégringolé au 19e rang avec un peu plus de 200 000 tonnes seulement.

Le vrai coup de massue vient de Bruxelles

L'industrie turque de l'acier a donc déjà souffert. D'autant qu'avec la crise économique en Turquie la demande intérieure d'acier pour la construction, l'automobile ou les produits électroménagers, a chuté elle aussi, de 31 % sur un an en juillet dernier. Dernier revers en date, et pas des moindres, l'Union européenne, à la demande de ses aciéristes, a mis en place des mesures de sauvegardes contre l'acier turc, qui s'était massivement reporté du marché américain au marché européen. Bruxelles a imposé de nouvelles taxes, mais surtout un quota de 30 % par pays. La Turquie ayant déjà rempli le sien en septembre, elle devra attendre... juillet 2020 pour pouvoir réexporter vers l'Europe, qui était devenue son débouché refuge avec 7 millions de tonnes l'an dernier, 35 fois plus que vers les États-Unis ! Le véritable coup de massue sur l'acier turc, c'est donc l'Union européenne qui l'a donné cet automne. Le retour à 50 % de taxes américaines n'y changera pas grand-chose.

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