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Invité Afrique

Bénin: des élections générales en 2021 «relèveraient du miracle», (gouvernement)

Audio 05:01
Alain Orounla.
Alain Orounla. DR

Le jeudi 24 octobre, le constitutionnaliste béninois Joël Aïvo avait mis en garde, sur l'antenne de RFI, quant aux recommandations issues du dialogue politique. Le lendemain, le comité technique a remis son rapport au chef de l'État. Alain Orounla, porte-parole du gouvernement béninois, répond aux questions de RFI.

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RFI: Le dialogue politique n’a pas été un processus consensuel. Il manquait des grandes figures de la famille politique béninoise. Quelles sont ses chances de succès ?

Alain Orounla: Le dialogue politique était très consensuel et inclusif puisqu’étaient invitées toutes les formations politiques en règle. Donc, nous considérons qu’il s’agit d’un franc succès puisque nous avons abouti à des recommandations, je précise,consensuelles, et ce dialogue aboutira à des lois qui seront adoptées dans les jours à venir.

L’église a salué une étape significative, mais demande un dialogue national inclusif pour une authentique réconciliation. Qu’en pensez-vous ?

L’église souhaite une répétition de ce qui s’est passé, c’est-à-dire la conférence nationale de 1990. Or, on n’est pas dans les mêmes circonstances. L’église salue ce premier pas, et cela est important. Le gouvernement est ouvert à un dialogue qui peut s’étendre. Mais je voudrais rappeler notre ancienne formule : « A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Parmi les grandes mesures annoncées, le mandat des députés va être modifié. Il s’agit de le faire passer à 5 ans au lieu de 4, et de faire coïncider les législatives avec les présidentielles ?

Oui. Il est apparu que l’organisation d’élections cycliques coûte cher et occasionne une dispersion d’énergie. Donc, à l’instar d’autres pays qui l’ont fait, les délégués ont cru devoir recommander l’alignement des mandats et donc des élections générales.

Et ces premières élections générales auront-elles lieu en 2021 ou bien en 2026 ?

C’est à l’Assemblée de décider de ce qui se passera. Ça se pourrait très bien que ce soit en 2021. Mais pour moi, ça relèverait du miracle puisque la loi dispose pour l’avenir. Rien ne presse, on peut très bien envisager cet alignement à une date ou à une autre année qui serait ultérieure à 2021.

Donc, cela veut bien dire que si c’est 2026, cette Assemblée nationale qui est décriée finirait son mandat ?

Ce serait plus logique, puisque l’Assemblée aurait terminé son mandat. Si les mesures de décrispation sont suivies par ceux qui boudent, toutes ces formations politiques qui se seraient conformées ont toutes leurs chances de participer au débat politique.
 

Et le mandat du chef de l’État, va-t-il être retouché ?

Le président de la République a été très clair et très ferme sur le sujet : quels que soient les ajustements, il n’est pas question de toucher au fondamental qu’est l’article 42, à savoir que nul en République du Bénin ne peut faire plus de deux mandats. Il s’agit bien de deux mandats de cinq ans.

Allez-vous créer le poste de vice-président ?

Oui. Il est envisageable de créer un poste de vice-président qui serait là pour éviter, par exemple, les difficultés résultant d’une éventuelle vacance du pouvoir.

Autre recommandation du comité de suivi : la loi d’amnistie pour tout ce qui a trait aux violences électorales liées aux législatives d’avril. Cela veut dire que l’ex-président Boni Yayi va pouvoir rentrer ?

À l’heure où nous sommes, il n’y a aucune raison qu’il s’inquiète. On est pressé de retrouver tous nos compatriotes sur le territoire. Il ne fait l’objet d’aucun mandat d’arrêt ou d’interpellation.

Et pour les autres leaders politiques en exil ?

Il n’y a pas d’amalgame à faire. Avec ceux qui, après une décision de justice, se sont soustraits à l’exécution de leur peine ou ceux qui se sont soustraits pour ne pas répondre et qui voudraient s’abriter sous ce manteau d’homme politique pour dire qu’il s’agit de persécutions, il n’est pas juste de les considérer comme des persécutés parce qu’on leur demande de rendre compte de leur gestion passée.

Est-ce que ce sera possible plus tard dans un second temps ?

Tout est possible. Personne ne veut la mort du pêcheur. À condition que l’on reconnaisse les faits. Vous ne pouvez pas vous soustraire à la justice de votre pays et rester à l’étranger et provoquer des troubles à l’intérieur. Je n’accuse personne. Mais il semble que nos compatriotes qui sont en exil ne sont pas dans une démarche d’apaisement. Et je parie que, quand ils seront rentrés dans cette démarche, on pourra envisager à ce moment-là d’autres mesures d’apaisement.

Et pourquoi introduire le parrainage pour les candidats à la présidentielle ? Beaucoup comme le constitutionnaliste Joël Aïvo redoutent un nouveau mécanisme d’exclusion. Que répondez-vous ?

Nous n’avons pas inventé le parrainage. Il existe un peu partout. Donc ces craintes sont des velléités de gens qui ne veulent pas accorder le crédit de la bonne foi ou qui veulent rester dans la rébellion permanente, dans la contestation permanente. On les invite à participer au débat, on les invite à rentrer dans cette dynamique. Et je dis que la question ne se posera pas en 2026 puisque le président de la République aura, dans le meilleur des cas, terminé son deuxième et dernier mandat.

Cela veut dire qu’il est bien candidat en 2021 ?
Je dis qu’il est en droit d’être candidat. Et qu’en 2026, il ne pourra plus l’être, c’est la certitude.

 

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