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Chronique des médias

Les chaînes d’infos, un an après les débuts des «gilets jaunes»

Audio 02:32
Vingt-cinq cas de blessures oculaires par LBD ont été recensés en 2018, année du début de la crise des «gilets jaunes».
Vingt-cinq cas de blessures oculaires par LBD ont été recensés en 2018, année du début de la crise des «gilets jaunes». ludovic MARIN / AFP

C'est l'heure du bilan pour les chaînes d’information en continu, un an après le démarrage du mouvement des « gilets jaunes », en France.

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L’Institut national de l’audiovisuel (INA) a fait ses comptes : ce sont jusqu’à quatorze heures quotidiennes qui ont été consacrés au « gilets jaunes » sur les chaînes d’infos, au moins pendant les premiers week-ends de mobilisation. Partout, cette couverture a laissé des traces. D’abord, parce que les chaînes d’info, et, d’abord la plus regardée, BFM TV, ont été placés sur la sellette avec deux types de reproches. Le premier, du côté de la majorité, consiste à dire que ces chaînes en ont trop fait, qu’elles ont trop fait durer l’événement, voire qu’elles ont contribué à sa mise en scène en mettant journalistes et « gilets jaunes » face à face. Le second, venu notamment des « gilets jaunes » et de la gauche, consiste à critiquer une couverture qui a fait peu de cas des violences policières, avec ses manifestants éborgnés, ses mains arrachées et ses 3 100 condamnés dont 1 000 à des peines de prison ferme. Un signe ? Le décompte des blessures a été réalisé par un journaliste indépendant, David Dufresne, sur Twitter. Les manifestants ont violemment pris à parti médias et journalistes tout en se tournant vers des vecteurs d’images nouveaux comme la chaîne russe RT, qui leur a donné la parole, ou des médias alternatifs, comme Brut, Le Média ou Vécu. Surtout, Facebook et ses groupes leur ont permis de se mobiliser sans rien devoir aux médias.

Et maintenant ? La France est un des rares pays qui possède quatre chaînes d’infos nationales : BFMTV, CNews, LCI et Franceinfo. Pour se financer sur le marché publicitaire, les trois premières font la course à l’audience en devenant de plus en plus des chaînes d’opinions. Cela n’est pas sans lien avec les polémiques qui se multiplient sur leurs antennes et qui représentent un cocktail explosif lorsqu’elles sont relayées sur les réseaux sociaux. La dernière en date ? Alain Finkelkrault qui s’est cru ironique sur LCI en affirmant « violez les femmes » ou « je viole ma femme tous les soirs ». L’animateur du débat, David Pujadas, a parlé de « second degré », en lien avec sa défense de Roman Polanski, mais cela a scandalisé de nombreux internautes. Quatre députés de la France insoumise ont décidé de saisir le procureur de la République. Auparavant, c’est sur CNews, une ancienne journaliste de Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui qui a invité la police à « tirer à balles réelles » à propos d’affrontements à Mantes-la-Jolie. Il n’est pas difficile d’imaginer le déversement de haine qui s’est ensuivi. Ce n’est pas la police mais le gendarme de l’audiovisuel, le CSA, qui est attendu. On se demande ce qu’il attend pour siffler le franchissement de la ligne jaune.

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