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Chronique des matières premières

Les exportations d’animaux vivants: un commerce grandissant sur la sellette

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Des moutons sauvés d'un bateau qui tranportait 15000 bêtes et qui a chaviré à moins d'un kilomètre du port roumain de Midia, au bord de la mer Noire.
Des moutons sauvés d'un bateau qui tranportait 15000 bêtes et qui a chaviré à moins d'un kilomètre du port roumain de Midia, au bord de la mer Noire. IGSU Romania / AFP

Dans quelles conditions sont exportés les animaux vivants élevés en Europe ? La question se pose à nouveau depuis qu'un navire de transport du bétail a fait naufrage, avec son chargement de 15 000 moutons, à quelques centaines de mètres seulement des côtes roumaines.

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Le navire, un ancien roulier converti en transporteur de bétail était probablement en surcharge, avec ses 15 000 moutons dans les cales et les balles de fourrage sur le pont. Il n'a pas résisté à la tempête, et il a chaviré à moins d'un kilomètre du port roumain de Midia, au bord de la mer Noire. L'équipage est sauf mais la majeure partie des animaux sont morts noyés.

Enquête de Bruxelles sur les pratiques roumaines

Ce n'est pas la première fois que la Roumanie s'attire des critiques sur les conditions d'exportation d'animaux vivants. En 2015, des images de moutons morts de soif et littéralement cuits à bord avant de rejoindre la Jordanie avaient été diffusées par des militants de la cause animale. Cet été, le Commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire avait demandé aux autorités de Bucarest d'interrompre les expéditions de bétail vers les pays du Golfe à cause des températures extrêmes qui sévissaient alors. Sans succès.

Une enquête européenne a depuis été lancée sur les pratiques roumaines. L'Europe est en effet responsable des conditions de transport des animaux sur le continent européen, mais aussi jusqu'à leur destination. La Cour européenne de justice a tranché dans ce sens en 2015.

Un commerce florissant vers le Moyen-Orient

Ces scandales illustrent aussi l'essor de ce commerce d'animaux vivants. L'Europe a exporté 3 millions de bovins et d'ovins sur pied vers les pays tiers, l'an dernier, pour une valeur de 3 milliards de dollars, trois fois plus qu'en 2000. Dans ce commerce, la Roumanie a une place particulière. Porte du continent, elle est aussi le troisième producteur européen d'ovins, mais elle en consomme très peu. Elle exporte la majorité des bêtes vers le Liban, la Libye, la Jordanie. Et depuis peu vers les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, qui étaient jusqu'à présent plutôt des clients de l'Australie.

Jusqu'à quand ?

Tous ces pays importateurs du Moyen-Orient, qui n'ont pas développé d'élevage faute de ressources en eau, privilégient l'importation d'animaux vivants pour contrôler l'abattage dans leurs frontières.

Mais la préoccupation croissante en Occident pour le bien-être animal pourrait bien donner un coup de frein à ce commerce florissant, s'il ne parvient pas à se réformer très vite.

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