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Afrique économie

Kigali fait la promotion du Made in Rwanda

Audio 02:13
Une boutique de vêtements à Kigali.
Une boutique de vêtements à Kigali. Getty Images/The Washington Post/Contributeur

L’exposition Made in Rwanda se tient en ce moment à Kigali. Miel, thé, vêtements... Jusqu’au 4 décembre, des centaines d’exposants présentent leurs produits fabriqués localement. Le textile y fait parti des secteurs clés.

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En 2016, le Rwanda multipliait par 12 les taxes sur l’importation des vêtements d’occasion dans le but de les éliminer progressivement du marché. Une disposition phare de la politique Made in Rwanda, accompagnée depuis par de nombreuses mesures de soutien à l’industrie textile locale. « Nous avons levé la taxe sur la valeur ajoutée, nous aidons également les entreprises à former leurs employés », déclare Sam Kamugisha, directeur général de l’industrie et de l’entrepreneuriat au ministère du Commerce. Puis d'ajouter : « Nous encourageons ceux qui travaillent à toute petite échelle à se rassembler dans des coopératives, afin qu’ils puissent importer le tissu en gros, ce qui permettrait de booster la production afin de satisfaire marché local ».

Des mesures saluées par le directeur général de l’usine Utexrwa. Ici, les 500 employés produisent principalement des uniformes pour les agences gouvernementales rwandaises. Aujourd’hui, Ritesh Patel assure que plus de 50% de la production de l’usine est destinée au marché local, mais ses machines ne tournent qu’à 40% de leurs capacités. « Le marché augmente, mais pas autant que nous le souhaiterions. Au début, ça va être difficile, car le fossé est grand et il y a le problème du pouvoir d’achat, mais une fois que ce sera normalisé, qu’il n’y aura plus d’habits d’occasion et que des emplois seront créés, là ce sera bien pour tout le monde », dit-il.

Des commerçants qui mettent la clé sous la porte

En attendant, au marché de Nyabugogo, spécialisé dans les vêtements d’occasion, les commerçants mettent la clef sous la porte. « Quand les taxes ont augmenté sur les habits de seconde main, certains vendeurs ont dû retourner à la campagne, et les grossistes sont partis à l’étranger », explique Vincent, vendeur de chemises. « J’en connais qui sont allés en Zambie et au Mozambique. En tout cas, les conséquences sont nombreuses. Avant, tout le monde pouvait s’acheter des habits d’occasion. Avec 3 ou 5 euros, vous pouviez acheter ce dont vous aviez besoin. Mais aujourd’hui ça a changé. Les personnes à faible revenu n’ont plus les moyens d’acheter des vêtements. »

Depuis 2015, le gouvernement rwandais a lancé la campagne Made in Rwanda dans le but de booster la production locale et les exportations, et de résorber le déficit commercial du pays. Un déficit de plus d’un milliard de dollars, selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale rwandaise. En 2016, selon un rapport de l’USAID, le marché du vêtement d’occasion représentait environ 18 000 emplois au Rwanda. Avec sa nouvelle politique, le gouvernement rwandais prévoit d’en créer 25 000.

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