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Revue de presse Afrique

À la Une : veillée d’armes électorale en Algérie

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Cinq candidats sont en lice pour l'élection présidentielle en Algérie, dont deux anciens Premiers ministres, selon le président de l'Autorité de contrôle des élections, à Alger, le 2 novembre 2019.
Cinq candidats sont en lice pour l'élection présidentielle en Algérie, dont deux anciens Premiers ministres, selon le président de l'Autorité de contrôle des élections, à Alger, le 2 novembre 2019. REUTERS/Ramzi Boudina

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On vote, ou du moins, on est censé voter demain en Algérie pour la présidentielle. Censé… car il n’y aura certainement pas foule dans les bureaux de vote. En effet, relève Le Point Afrique, « les cinq "A", comme on surnomme les cinq candidats (leurs prénoms commençant par un "A") ont tous été mêlés de près ou de loin à la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Il faut souligner que deux ont été ses Premiers ministres et deux autres ses ministres, mais il leur est surtout reproché de servir de caution au régime en se présentant au scrutin. »

Du coup, pointe Le Monde Afrique, on a assisté à « une campagne électorale improbable, menée à huis clos. Elle aura donné à voir des meetings perturbés, des salles à l’assistance clairsemée, des bureaux de vote murés, l’absence d’affiches électorales ou des panneaux détournés. Jusqu’aux derniers jours, les candidats se sont efforcés d’éviter les grandes villes et la capitale, où leurs déplacements ont été annoncés à la dernière minute et le public trié en amont. Leur passé – quatre sont donc d’ex-ministres de Bouteflika – et l’absence de tout débat contradictoire ont réduit le débat public à une unique question : pour ou contre ce scrutin voulu et imposé par l’armée, pressée de revenir à une légalité formelle constitutionnelle ? »

Qui plus est, poursuit Le Monde Afrique, « la répression s’est intensifiée. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme a comptabilisé un millier d’arrestations et deux cents placements en détention depuis la fin du printemps. C’est le fait d’un rejet populaire qui n’a fait que se renforcer. Vendredi, une marée humaine a envahi les rues de la capitale pour exprimer son refus de l’élection dans une démonstration de force comparable, par son ampleur et sa diversité, aux manifestations du printemps. »

Une élection pour rien ?

En Algérie, certains médias expriment sans retenue leur exaspération. « Cette élection du 12 décembre est rejetée par un peuple entier, s’exclame Le Matin d’Algérie, en Algérie comme au sein de la diaspora, parce que ce scrutin ne résoudra en rien la crise dans laquelle se débat le régime. Une élection organisée par ceux-là mêmes qui ont sévi des décennies durant et ont organisé toutes les élections fraudées de ces vingt dernières années. Une élection dont les conditions d’organisation et de surveillance sont sciemment aux antipodes des revendications de la société politique. Les Algériens veulent en finir avec le régime et non lui permettre de se régénérer sur le dos du Hirak. Les Algériens veulent bâtir un État de droit et non remettre en selle l’autoritarisme et la confiscation de la volonté populaire. »

Le Hirak jusqu’au bout ?

Pour Liberté, le Hirak doit se poursuivre et se poursuivra au-delà de la présidentielle : « même s’il parvient à disqualifier le processus électoral par une forte désaffection des électeurs qui délégitimerait le président qui sera désigné, le Hirak n’aura pas achevé pour autant son accomplissement, estime Liberté. Il aura besoin de rester mobilisé pour réaliser ses objectifs. Aussi, il est important qu’il ne cède pas aux provocations qui pourraient le tenter de se rendre coupable d’actions qui le desserviraient. Il convient ici de saluer l’initiative des partis, syndicats, organisations et autres personnalités qui viennent d’appeler au rejet pacifique de l’élection de demain jeudi. D’ailleurs, s’interroge Liberté, le Hirak a-t-il besoin de se départir de son caractère pacifique pour gêner la solution que le régime tente d’imposer ? Aucunement. En revanche, il lui sera peut-être utile d’engager la réflexion autour d’autres déclinaisons possibles à sa mobilisation pacifique, lesquelles lui éviteraient de s’éroder à force de routine. Une érosion que beaucoup parmi les observateurs appréhendent déjà. »

Renouveau démocratique ?

Enfin, autre voix, autre opinion : le quotidien El Moudjahid croit en cette présidentielle. « En élisant demain librement et démocratiquement le futur chef de l’État, les citoyens lui donneront un mandat populaire pour engager toutes les réformes nécessaires dans tous les domaines et à tous les niveaux, afin de répondre aux attentes et aspirations exprimées par le peuple. Muni d’un mandat populaire et auréolé par la légitimité des urnes, le président de la République qui sortira des urnes à l’issue de ce scrutin aura tous les pouvoirs et prérogatives, estime encore El Moudjahid, pour conduire le changement et le renouveau démocratique et lancer les chantiers du développement économique et social du pays. »

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