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Aujourd'hui l'économie

La suspension de la taxe Gafa: pause ou reculade?

Audio 04:12
Taxe Gafa: l'arrangement trouvé entre Donald Trump et Emmanuel Macron est un soulagement pour les Européens.
Taxe Gafa: l'arrangement trouvé entre Donald Trump et Emmanuel Macron est un soulagement pour les Européens. AFP/Ludovic Marin

La France s'apprête à suspendre l’encaissement de la taxe Gafa jusqu’à la fin de l’année pour éviter les représailles commerciales des États-Unis. Cette concession faite à Donald Trump va-t-elle enterrer cette taxe ou bien au contraire faciliter son adoption ?

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En juillet dernier, la France décide seule d’imposer cette taxe de 3% sur les géants de la tech, qui, de fait, sont tous américains, d'où ce surnom de taxe Gafa. Faute de consensus européen, Paris a décidé de jouer la carte des « irréductibles du village gaulois ». Et cette tactique s’est révélée contre-productive, puisqu'elle a très vite provoqué le courroux de Washington. Cette taxe, qui devrait générer environ 500 millions d'euros de recettes, a ainsi exposé les pépites de l’export français - le vin, le parfum et le fromage - à des sanctions commerciales américaines à la portée dévastatrice. +100% de droits douaniers, ce qui double leur prix pour le consommateur américain. On saura aujourd’hui si elles sont vraiment abandonnées.

Le sujet de la taxe Gafa réglé à Davos

Il y aura un rendez-vous entre le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, et son homologue américain. Ces représailles auraient aussi entraîné l’Europe dans une guerre commerciale contre les États-Unis dont les Vingt-Sept n’ont pas vraiment besoin en ce moment. Le solo français a aussi failli faire capoter les négociations menées au niveau international. Les États-Unis auraient pu quitter la table des négociations au sein de l’OCDE, où le sujet est sur la table depuis une année. Légiférer sans le pays creuset des multinationales aurait signifié l’enterrement de ce projet qui pénalisera de fait d’abord les géants américains, les plus nombreux dans le monde. L’arrangement trouvé entre Donald Trump et Emmanuel Macron, annoncé lundi, est donc un soulagement pour les Européens comme pour tous ceux qui souhaitent vivement instaurer cette taxe.

D’autres pays européens ont aussi l’intention de taxer les entreprises numériques

C’est vrai la que France n’est pas tout à fait seule. L’Espagne, l'Italie, l’Autriche, la République tchèque et le Royaume-Uni ont des projets similaires. Il y a donc un élan très fort en Europe, et finalement peu de farouches opposants, hormis les champions de l’impôt minimum sur les sociétés comme l’Irlande. Les pays nordiques, qui ont retoqué le projet européen proposé par la France et l'Allemagne, n'y sont pas opposés sur le fond, mais ils trouvent plus raisonnable de privilégier la négociation internationale au passage en force au niveau des Vingt-Sept.

Les entreprises concernées sont-elles prêtes à accepter cet impôt ?

Le patron de la filière britannique d’Amazon prévient que s'il doit payer cette taxe anti-Gafa, ce sera probablement au détriment des intermédiaires et des consommateurs qui la supporteront in fine. En revanche, le grand patron de Microsoft, Brad Smith, estime normal que les big tech s'acquittent d'un impôt plus en rapport avec la réalité de leur activité. Tim Cook, le patron d’Apple, s'est prononcé lui aussi en faveur d’une refonte de l’impôt sur les multinationales dans le cadre de l'OCDE. Il l'a dit lors d'une visite en Irlande, où la firme profite depuis trente ans d'avantages fiscaux, devant un public médusé qu’il a très vite rassuré sur son intention de rester sur place, quelle que soit l'évolution du cadre fiscal. Les Gafa sont donc mûrs pour une nouvelle donne fiscale. Un accord pourrait être en vue avant la fin de l'année. On en saura plus aujourd'hui en suivant ce qui se passe au forum de Davos.

EN BREF

Apple sur le point de démarrer la production d'un iPhone à bas coût. Il s'agit de concurrencer le chinois Huawei. Selon Bloomberg, la production commencera en février et l'appareil pourrait être présenté au public dès le mois de mars. Il sera comparable à l'iPhone 8, à un prix modique pour un produit Apple, mais qui ne sera toujours pas à la portée de toute les bourses, puisqu'il pourrait s'élever à 399 dollars.

À Wall Street, Tesla a franchi hier la barre des 100 milliards de dollars. C'est le seul constructeur automobile capable de franchir ce seuil symbolique, un constructeur de voiture électrique, c'est donc un signe de confiance du marché dans les nouvelles mobilités. La société d'Elon Musk vaut plus que Ford et General Motors réunis, sa valeur réelle demeure toutefois sujette à caution, étant donné le niveau de son endettement et sa très faible part du marché automobile.

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