Mali: trois soldats français tués en opération dans le centre du pays

Un soldat français de l'opération Barkhane Force debout sur une base FAMa (Forces armées maliennes) avec le mont Hombori en arrière-plan.
Un soldat français de l'opération Barkhane Force debout sur une base FAMa (Forces armées maliennes) avec le mont Hombori en arrière-plan. © AFP/Daphné Benoît
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Trois soldats français de la force Barkhane ont été tués en opération au Mali ce lundi, alors que leur véhicule blindé a été atteint par un engin explosif dans la région de Hombori, a annoncé l'Elysée.

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Trois soldats français du 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse ont perdu la vie ce lundi 28 décembre. Leur véhicule blindé a été atteint ce matin par un « engin explosif improvisé » alors qu’ils participaient à une mission d'escorte entre Hombori et Gossi, dans le désert du Gourma, dans le centre-est près de la frontière burkinabè.

Hombori est un lieu stratégique, car traversé par une grande route nationale 16, reliant Kona au centre et Gao à l'extrême est, où sévit un groupe armé terroriste nommé RVIM (Rassemblement pour la victoire de l'islam et des musulmans). 

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D'après le chef d'état-major des armées françaises, les forces de Barkhane se sont immédiatement déployées au sol, tout comme dans les airs pour sécuriser la zone.

Les engins explosifs improvisés, principales menaces pour les soldats

Selon le Ministère des armées, les soldats intervenaient dans une zone où des groupes terroristes attaquent les populations civiles et menacent la stabilité régionale. Dans son communiqué, la présidence de la République rappelle toute la détermination de la France a poursuivre la lutte contre le terrorisme.

Les armées française et malienne s'étaient récemment installées dans la zone pour une mission de coopération d'un mois, afin d'augmenter leur interoperabilité, c'est-à-dire la capacité à agir et protéger ensemble les populations civiles. Un cadre de Barkhane avait expliqué à RFI que la principale menace pour les militaires étaient les EEI (engins explosifs improvisés, IED en anglais), soit exactement ce qui a coûté la vie à ces trois soldats

Le président Emmanuel Macron fait part dans un communiqué de sa « très grande émotion » après avoir appris la mort du brigadier-chef Tanerii Mauri, du chasseur de 1ère classe Quentin Pauchet et du chasseur de 1ère classe Dorian Issakhanian.

« Respect » et « gratitude » des présidents Macron et N'Daw

Le chef de l'État français « salue avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires, morts pour la France dans l'accomplissement de leur mission. Il s'associe à la douleur de leurs familles, de leurs proches et de leurs frères d'armes et les assure de la reconnaissance et de la solidarité de la Nation », écrit l'Elysée.

Dans un message de condoléances, le président malien Bah N'Daw exprime lui de nouveau sa « gratitude à la Nation française pour son engagement aux côtés du Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ». « Je m'incline devant la mémoire de ces jeunes tombés en héros », ajoute-t-il.

Depuis le début des opérations militaires au Mali avec Serval en 2013 et Barkhane depuis 2014,  47 soldats français ont désormais perdu la vie. Les trois hommes tués lundi étaient âgés de 21 ans, 23 ans et 28 ans.

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