Yémen: combats à Marib, 50 morts dont un commandant de l'armée

Lancée le 8 février, la bataille de Marib a déjà fait des centaines de morts.
Lancée le 8 février, la bataille de Marib a déjà fait des centaines de morts. AFP - -

Au moins 50 combattants ont péri ce samedi 27 février dans la bataille qui oppose rebelles et forces gouvernementales pour le contrôle de la province pétrolière de Marib.

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Les combats entre rebelles et forces gouvernementales ont continué de faire rage samedi dans la province de Marib, au Yémen. Au moins 50 combattants ont été tués, dont le commandant des forces spéciales dans cette région, selon des sources militaires loyalistes.

D'après l'une des sources militaires, « 22 membres des forces gouvernementales et plus de 28 rebelles ont péri ces dernières 24 heures dans les combats qui se poursuivent sans arrêt sur les fronts de la province de Marib ». La veille, plus de 60 combattants avaient été tués à Marib, la journée la plus sanglante depuis le début de cette bataille le 8 février.

Des centaines de morts

Après une forte baisse des combats pendant plusieurs mois, les rebelles ont repris leur offensive contre cette province située à 120 km à l'est de la capitale Sanaa et à proximité de champs pétroliers. Cette région est l'une des rares restées aux mains des loyalistes, alors que le nord du pays est largement contrôlé par les Houthis.

Depuis, les affrontements ont fait des centaines de morts parmi les combattants des deux camps, selon des sources gouvernementales, et ont forcé des centaines de familles à fuir.

Les forces du président Abd Rabbo Mansour Hadi bénéficient d'un atout : l'aviation de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite qui aide ses troupes au sol en bombardant les positions des Houthis pour les empêcher d'avancer dans la province.

Les rebelles sont quant à eux soutenus dans cette guerre par l'Iran chiite qui dément néanmoins leur fournir des armes. L'Iran est le rival régional du royaume saoudien sunnite, et les deux puissances du Moyen-Orient se livrent au Yémen une guerre par procuration, selon des experts. Un succès des insurgés serait un coup dur pour le pouvoir yéménite et l'Arabie saoudite, pays voisin du Yémen.

Ce samedi, les autorités saoudiennes ont par ailleurs fait état de la mise en échec « d'une attaque aux missiles lancée par les Houthis » contre Riyad, la capitale, où de fortes explosions ont été entendues en soirée, et de l'interception de quatre drones lancés selon elles par les rebelles contre le sud saoudien. Ces attaques n'ont pas été revendiquées dans l'immédiat.

Nouvelle politique américaine

La recrudescence des violences à Marib, ainsi que les attaques lancées ces dernières semaines par les rebelles contre le territoire saoudien, interviennent dans un contexte jugé pourtant apaisant en raison de la nouvelle politique américaine au Yémen de l'administration de Joe Biden.

Ce dernier a décidé de mettre fin à son soutien à Riyad dans cette guerre et de retirer les Houthis de la liste des « organisations terroristes » pour ne pas entraver selon lui l'acheminement de l'aide humanitaire dans les territoires qu'ils contrôlent.

Jeudi, lors d'un premier entretien téléphonique avec le roi Salman d'Arabie saoudite, Joe Biden a entre autres évoqué « l'engagement des États-Unis à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iran ».

Le conflit au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a été déclenché en 2014 par une vaste offensive des Houthis qui se sont emparés de larges pans du territoire, y compris de la capitale Sanaa qu'ils contrôlent toujours. La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU, et fait des dizaines de milliers de morts, d'après des ONG internationales, sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.

(Avec AFP)

 

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