Affaire Karachi: Édouard Balladur relaxé, François Léotard condamné avec sursis

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur a été relaxé ce jeudi 4 mars 2021.
L'ancien Premier ministre Edouard Balladur a été relaxé ce jeudi 4 mars 2021. Alain JOCARD AFP

L'ancien Premier ministre Édouard Balladur a été relaxé, jeudi 4 mars, par la Cour de justice de la République qui le jugeait pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle malheureuse de 1995, l'un des volets de l'affaire Karachi. Son ancien ministre de la Défense, François Léotard, a, quant à lui, été condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis et 100 000 euros d'amende pour « complicité » d'abus de biens sociaux.

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Tous deux étaient absents au délibéré. Édouard Balladur n’aura donc pas entendu la Cour de justice de la République fixer son sort, ce jeudi 4 mars, ni François Léotard, son ancien ministre de la Défense qui comparaissait à ses côtés. 

Tous deux étaient accusés d’avoir introduit des intermédiaires inutiles dans la négociation de contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite. Des intermédiaires qui ont reçu des commissions exorbitantes, dont une partie – 10,25 millions de francs – avaient servi, selon le parquet, à renflouer la campagne d'Édouard Balladur de 1995.

Balladur satisfait après « un quart de siècle de calomnies »

Mais la Cour a relaxé l’ancien Premier ministre, estimant que le parquet n’avait pas apporté la preuve qu’il avait donné des instructions pour mettre en place le système frauduleux. Elle a donc relaxé ce dernier d’« abus de complicité », d’« abus de biens sociaux », mais aussi de « recel d’abus de biens sociaux », estimant que les éléments n’étaient pas suffisants pour établir avec certitude que les quelque 10 millions venus renflouer ses comptes de campagne constituaient une rétrocommission.

« Je prends acte avec satisfaction de la décision de la Cour de justice de la République, qui reconnaît enfin mon innocence » après « un quart de siècle de calomnies », a réagi Édouard Balladur, cité dans un communiqué transmis à l'AFP par ses avocats.

En revanche, la Cour a jugé François Léotard, l’ancien ministre de la Défense, coupable de « complicité d’abus de biens sociaux ». Il a délibérément fait rémunérer ces intermédiaires de façon exorbitante pour la Cour, au mépris de l’intérêt général. Elle a donc prononcé sa condamnation à deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende. 

« J'ai honte pour la justice française et ses dérives dangereuses, a réagi l'intéressé dans un communiqué. Je défendrai toujours la liberté de la décision politique. » François Léotard a aussi indiqué qu'il porterait l'affaire en cassation.

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