Présidentielle en Équateur: Guillermo Lasso se proclame président élu

Le candidat à la présidentielle équatorienne, Guillermo Lasso, s'est déclaré vainqueur de l'élection.
Le candidat à la présidentielle équatorienne, Guillermo Lasso, s'est déclaré vainqueur de l'élection. © RODRIGO BUENDIA/AFP

À minuit, heure locale en Équateur, les résultats définitifs n’étaient pas encore connus mais la tendance était claire. Alors que 98,6% des suffrages avaient été dépouillés, le candidat conservateur Guillermo Lasso obtenait 52,5% des suffrages contre 47,5% pour son adversaire socialista Andrès Arauz. Une avance suffisante pour se déclarer vainqueur.

Publicité

Avec notre correspondant à Quito, Éric Samson

La troisième tentative a été la bonne pour Guillermo Lasso qui, dans sa ville natale de Guayaquil, s’est dit prêt à « changer le destin » de l’Équateur. Cet ex-banquier de 65 ans, membre de l’Opus Dei, a aussi tenu à prendre ses distances avec le style diviseur et souvent agressif de l’ancien président Rafael Correa, le mentor de son adversaire Andrès Arauz : « Je n’arrive pas au pouvoir avec une liste de personnes à poursuivre ou emprisonner. Je veux que tous les Équatoriens soient libres. Tous! Qu’ils n’aient pas peur du gouvernement ni de ne pas être d’accord avec le président de la République. »

« Responsabilité »

« Le 24 mai prochain, nous assumerons avec responsabilité le défi de changer le destin de notre patrie et à atteindre pour tous l'Équateur d'opportunités et de prospérité auquel nous aspirons », a encore déclaré le vainqueur conservateur. Lasso a promis de travailler dès ce lundi à l’accélération de la campagne de vaccination qui est encore très lente dans le pays et qu’il souhaite mettre en oeuvre dès son premier jour de mandat le 24 mai prochain. Son adversaire socialiste Andrès Arauz a rapidement reconnu sa défaite lorsque les premiers chiffres officiels du Conseil national électoral ont été connus : « Nous avons trébuché électoralement mais ce n’est en aucun cas une défaite politique et morale ».

17% de votes nuls

À cette élection, le vote nul était d'environ 17%, selon un calcul de l'AFP, avec 925 141 suffrages. Il avait été promu par le leader indigène de gauche Yaku Pérez, qui avait dénoncé une fraude après être arrivé troisième au premier tour, où le vote nul n'avait atteint que 9,55%. Andrés Arauz était arrivé en tête du scrutin du 7 février avec 32,72% contre 19,74% à Guillermo Lasso. Mais plusieurs sondages les donnaient au coude-à-coude en fin de campagne pour le vote de ce dimanche.


Malgré le profil de « l’éternel candidat » Lasso, le pays reste très divisé

La victoire de Guillermo Lasso au second tour de la présidentielle dimanche 11 avril laisse présager une politique libérale d’ouverture des marchés en Équateur, plutôt qu’un retour au socialisme de son adversaire. Mais si la population a été convaincue par le profil du conservateur, le pays reste plus divisé que jamais : l’ex-banquier devra composer avec des forces de gauche au parlement.

De nombreux électeurs ont été convaincus par l'histoire personnelle de Guillermo Lasso. Dernier d'une famille de 11 enfants, il travaille dès l'âge de 15 ans à la bourse de Guayaquil pour payer ses frais de scolarité. Il devient ensuite le principal actionnaire de Banco Guayaquil, l'une des banques les plus riches du pays.

Le programme de celui que l'appelait « l'éternel candidat » - car c'est la troisième fois qu'il se présentait à la présidentielle - est ambitieux : il veut atteindre l'équilibre budgétaire en quatre ans seulement, et créer 2 millions d'emplois. Soit un projet monumental dans ce pays pétrolier endetté, où la crise économique s'est aggravée avec la pandémie de Covid-19.

Mais la tâche s'annonce compliquée pour ce conservateur de droite âgé de 65 ans également pour une autre raison : son parti n'a que 12 sièges à l'Assemblée nationale. Il devra donc composer avec le parti de gauche Unes, première force au Parlement, qui n’est pas non plus majoritaire.

Guillermo Lasso devra aussi se concerter avec le deuxième groupe au Parlement, Pachakutik, un parti de gauche et indigène. Son responsable, Yaku Perez, a déjà averti que les indigènes résisteront si le nouveau président ne défend pas l'environnement et n'accélère pas la vaccination contre le Covid-19.

►À écouter aussi : Géopolitique, le débat - Équateur: le vote indigène au cœur des enjeux de la présidentielle

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail