Un séisme de magnitude 7.2 secoue Haïti

Une vue d'un bâtiment effondré à la suite d'un tremblement de terre, aux Cayes, en Haïti, dans cette image fixe tirée d'une vidéo obtenue par Reuters le 14 août 2021.
Une vue d'un bâtiment effondré à la suite d'un tremblement de terre, aux Cayes, en Haïti, dans cette image fixe tirée d'une vidéo obtenue par Reuters le 14 août 2021. via REUTERS - REUTERS TV

Un séisme de magnitude 7.2 a secoué Haïti samedi matin 14 août, vers 8H30 heure locale (12h30 TU) selon le centre américain de sismologie. La longue secousse a été ressentie sur l'ensemble du pays et des dégâts matériels sont déjà enregistrés dans les villes de Jérémie et des Cayes, selon les images de témoins dans la péninsule sud-ouest de l'île. Une alerte au tsunami a été lancée dans la foulée par l'Agence nationale océanique et atmosphérique américaine avant d'être rapidement levée. Un nouveau bilan fait état d'au moins 304 morts, selon la protection civile.

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« Nous avons enregistré 160 décès dans le Sud, 42 dans les Nippes, 100 dans la Grand'Anse et deux dans le Nord-Ouest », a annoncé le directeur de la protection civile Jerry Chandler en donnant le détail du bilan par département lors d'un point de presse samedi soir.

« Les premières interventions, menées tant par les sauveteurs professionnels que par les membres de la population ont permis d'extraire de nombreuses personnes des décombres. Les hôpitaux continuent de recevoir des blessés », indiquait plus tôt la protection civile haïtienne.

Urgence médicale et logistique

Plus de la moitié des décès déjà recensés le sont dans le seul département du Sud, où se situe la ville des Cayes et pour l’heure les équipes de la protection civile ont comptabilisé plus de 1 800 blessés. Une majorité a été prise en charge dans les centres hospitaliers des zones affectées par le séisme, mais ces établissements sont déjà saturés et manque de moyens tant humains que matériels.

C’est une course contre la montre qui se poursuit dans la péninsule sud-ouest pour sortir des centaines de personnes portées disparues et donc potentiellement coincées sous des dalles de béton.

L’urgence est médicale et logistique, mais le grand défi est de parvenir à faire arriver l’aide tant nécessaire : la sortie sud de Port-au-Prince est une zone toujours aussi périlleuse, sous le contrôle total des Gangs depuis début juin, rappelle notre correspondante Amélie Baron. En conférence de presse, le premier ministre Ariel Henry a assuré la police et les forces armées étaient mobilisées pour assurer la sécurité sur cet axe.

L’autre difficulté de taille est totalement naturelle : une tempête tropicale, Grace, va passer ce soir l’arc des petites Antilles et si elle conserve sa trajectoire et vitesse actuelle, de fortes pluies et vents violents pourraient s’abattre sur Haïti ce lundi 16 août.

Des édifices détruits

La longue secousse a été ressentie sur l'ensemble du pays et des dégâts matériels ont été enregistrés dans plusieurs villes, selon les images de témoins dans la péninsule sud-ouest de l'île, publiées sur les réseaux sociaux.

Des édifices religieux, des écoles et des habitations ont été endommagés lors du tremblement de terre, selon des habitants de la zone affectée. Sur des vidéos partagées en ligne, les riverains ont filmé des ruines de divers bâtiments en béton dont une église dans laquelle une cérémonie était apparemment en cours samedi matin dans la commune de Les Anglais, à 200 km au sud-ouest de Port-au-Prince.

La Grande Rue de la ville de Jérémie est détruite. Il y a beaucoup de maisons qui sont détruites. Il y a l'église aussi qui est presque détruite. Le haut de l'église est fissuré…

Témoignage de Nephtalie Toussaint habite à Jérémie. Le chef-lieu du département de la Grand'Anse sur la péninsule sud d'Haïti a été durement touché par le séisme

Samedi après-midi, le directeur de la protection civile Jerry Chandler a annoncé à l'AFP qu'au moins trois centres hospitaliers, dans les communes de Pestel, Corailles et Roseaux, étaient saturés.

L'état d'urgence décrété

« Le gouvernement a décidé ce matin de décréter l'état d'urgence pour un mois suite à cette catastrophe », a annoncé le Premier ministre Ariel Henry, appelant la population « à la solidarité » et à ne pas céder à la panique. « Je fais appel à l'esprit de solidarité et d'engagement de tous les Haïtiennes et Haïtiens, en vue de faire front commun pour affronter cette situation dramatique », a-t-il ajouté.

J’étais sur mon lit, je regardais la télé dans ma chambre, et j’ai senti mon lit trembler.

Témoignage de Fabrice Lamarque à Jacmel, ville située à 150 km de l'épicentre, qui a été durement touchée lors du tremblement de terre de 2010

L'épicentre se situe à huit kilomètres de la ville de Petit Trou de Nippes, à environ 150 km à l'ouest de la capitale Port-au-Prince, à 10 km de profondeur, selon l'USGS.

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre d'une magnitude de 7 sur l'échelle de Richter avait ravagé la capitale haïtienne et plusieurs villes de province. Plus de 200 000 personnes avaient été tuées et plus de 300 000 autres avaient été blessées lors de la catastrophe qui avait mis à la rue 1,5 million d'habitants.

Le séisme a été ressenti jusqu'à Cuba et en Jamaïque, où ni mort ni dégâts n'ont été signalés dans l'immédiat. Joe Biden, le président américain, a exprimé samedi sa « tristesse » face à la catastrophe, et a promis une assistance « immédiate » des États-Unis. La directrice de l'agence américaine d'aide internationale (USAID), Samantha Powers, coordonnera l'effort.

Cette carte marque l'épicentre du séisme de magnitude 7,2 qui a frappé Haïti le 14 août 2021.
Cette carte marque l'épicentre du séisme de magnitude 7,2 qui a frappé Haïti le 14 août 2021. AFP

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