Mort du grand compositeur grec Mikis Theodorakis

Mikis Theodorakis était considéré comme une figure emblématique de la vie politique grecque.
Mikis Theodorakis était considéré comme une figure emblématique de la vie politique grecque. AFP

Hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années en raison de problèmes cardiaques, le célèbre compositeur grec s’est éteint ce jeudi 2 septembre à l’âge de 96 ans. On lui doit la bande originale de grands films tels que Zorba le Grec, Z, État de siège ou encore Serpico. S'il était particulièrement connu pour ses chansons et ses musiques de film, Mikis Theodorakis était aussi considéré comme une figure emblématique de la vie politique grecque.

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Mikis Theodorakis naît le 29 juillet 1925 sur l'île de Chios. Sa passion pour la musique se forge très tôt, et c’est à l’âge de douze ans qu’il commence à composer. Issu d’une famille aisée, il bénéficie très vite d’un enseignement de qualité qui lui permet de donner son premier concert à l’âge de 17 ans. Une jeunesse très vite rattrapée par la situation politique de la Grèce. Nous sommes dans les années 1940 et le pays est envahi par les troupes de l’Axe. Mikis Theodorakis décide alors d’entrer en résistance, ce qui lui vaudra d'être arrêté à plusieurs reprises.

Le scénario se reproduira après la guerre lorsqu’il entre dans la lutte contre la prise de pouvoir par les forces contre-révolutionnaires. Il sera alors torturé et déporté. Relâché, de retour à Athènes, Mikis Theodorakis découvre en 1950 le Conservatoire, se consacre à son art et obtient son diplôme en harmonie, contrepoint et fugue. Il crée la même année sa première œuvre « Assi Gonia ». Fort d’une bourse, quatre ans plus tard, c’est à Paris que le jeune homme, tout juste marié, part étudier. Au Conservatoire de Paris, il suit les cours d'Olivier Messiaen et d'Eugène Bigot et obtient en 1957 la médaille d'or au Festival de Moscou.

Du classique au patrimoine culturel grec

Reconnu par ses pairs du classique, Mikis Theodorakis redécouvre alors la musique populaire grecque et compose en 1961 la musique du film Phaedra de Jules Dassin, l’antique tragédie d’Euripide transposée dans la Grèce contemporaine. Un film en partie tourné sur l’île grecque d’Hydra. La Crête de ses parents sera révélée au monde entier trois ans plus tard avec Zorba le grec, dont il compose le fameux thème et qui sera oscarisé à trois reprises en 1965. Basil, un jeune écrivain britannique, interprété par Anthony Quinn, retourne sur l’île pour prendre possession de l’héritage paternel. Il rencontre Zorba, un Grec exubérant qui insiste pour lui servir de guide. Les deux hommes différents en tous points se lient d’amitié et Zorba entraîne le jeune homme dans son tourbillon, dans une Crête de rires, de chants et de danses.

Jamais loin de la politique

C'est avec Z en 1969 que Mikis Theodorakis aux côtés de Costa-Gavras dénonce les machinations du régime dit des « Colonels » qui sévit en Grèce. De nouveau déporté, il est autorisé à s'exiler en France sous la pression internationale. Il réalise en 1972 la musique d'État de Siège qui pointe du doigt la répression des mouvements révolutionnaires d'Amérique du Sud orchestrée par la CIA.

Rentré en Grèce après la fin de la dictature, il est élu député en 1981 puis ministre sans portefeuille entre 1990 et 1992. S’il abandonne par la suite ses mandats politiques pour se consacrer uniquement à la musique, la politique n’est jamais bien loin. Lorsqu’éclate la crise grecque en 2010, Mikis Theodorakis se dresse contre l’austérité imposée par les créanciers du pays, l'Union européenne et FMI. Il crée même le mouvement des citoyens indépendants « Sphita ». L'esprit militant et résistant chevillé au corps, ces dernières années, il militait contre l'accord entre la Grèce et la Macédoine du Nord sur le nouveau nom du pays voisin.

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