Turquie: des arrestations lors de la marche des fiertés interdite à Istanbul
Publié le : Modifié le :
Des dizaines d'arrestations en Turquie avant le début de la marche des fiertés dans les rues d'Istanbul. Un défilé interdit par le gouverneur de la ville, comme il l'est régulièrement depuis plusieurs années, officiellement pour des raisons de sécurité.
Avec notre correspondant à Istanbul, Cerise Sudry-Le Dû
Dès le matin, la police s'est mise en place et a bloqué des rues sur plusieurs centaines de mètres au-delà du lieu de rassemblement. Certains manifestants m'ont dit qu'ils étaient sur place depuis 9h du matin pour une manifestation qui devait normalement débuter à 17h, comme Ezal, avec du fard coloré sur les yeux :
« On est habitués ! Cela fait quelques années qu’on ne peut plus faire de manifestations sur la place Taksim, qu’elles soient féministes ou LGBT, mais on continue d’essayer quand même ! », explique-t-elle.
Deux heures avant la manifestation, des militants et des journalistes ont été arrêtés, souvent de façon très violente. Certains se sont fait pousser ou jeter à terre. Selon les autorités, il y a pour le moment une cinquantaine d'arrestations, mais les organisateurs parlent, eux, de 200 personnes appréhendées. Parmi celles-ci se trouverait actuellement un photographe de l'Agence France-Presse.
En silence pour échapper à la police
La police était partout et un hélicoptère a été dépêché sur les lieux pour surveiller le défilé. Malgré cela, quelques centaines de personnes ont réussi à se frayer un chemin dans les rues très accidentées du quartier de Taksim.
C'est primordial, car nos libertés sont de plus en plus réduites et notre présence est même indésirable dans la rue. C'est pour ça qu'il est important de venir dans la rue aujourd'hui. Bien sûr que nous avons peur, mais nous devons prendre le risque : je ne voudrais pas que mes droits soient plus restreints. Déjà, on me crie parfois dessus dans la rue, surtout avec cette couleur de cheveux [verts et jaunes]. Dans les toilettes, les gens me regardent méchamment, c'est courant pour moi ces choses-là et ma famille m'a complètement rejeté.
Pour Ulgaz, jeune homme trans de 20 ans, il est « primordial » de participer à la marche des Fiertés à Istanbul malgré le risque d’être arrêté
Les manifestants, pour la plupart assez jeunes, ont défilé pendant près d'une heure. Ils ont joué au chat et à la souris avec la police, demandant même au cortège de se taire pour défiler en silence pour ne pas attirer l'attention des policiers.
►À lire aussi : En Turquie, une marche des fiertés LGBT très bousculée, de nombreuses échauffourées
NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
Je m'abonne