COP26: Gwede Mantashe, ministre pro-charbon, symbole du dilemme sud-africain

Le ministre sud-africain des Ressources minières et de l’Énergie, Gwede Mantashe, le 9 mai 2019 à Pretoria.
Le ministre sud-africain des Ressources minières et de l’Énergie, Gwede Mantashe, le 9 mai 2019 à Pretoria. AP - Ben Curtis

« Comment sauver l'industrie minière de l'extinction ? » : une question à l'opposé de l'actualité, formulée la semaine dernière par le ministre sud-africain des Ressources minières et de l’Énergie, Gwede Mantashe, face aux syndicats de l'industrie minière. Alors que l'ouverture de la COP26 coïncide avec les élections locales en Afrique du Sud, lundi 1er novembre, pas question de se mettre à dos les quelque 100 000 employés du secteur qui pourraient voter ANC, le parti au pouvoir.

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Avec notre correspondant à Johannesburg, Romain Chanson

Ses détracteurs l’appellent « le fondamentaliste du charbon » ou « le Dinosaure des énergies fossiles ». Gwede Mantashe, ancien mineur et ancien leader syndicaliste, défend bec et ongles le charbon, son or noir. Alex Lenferna, secrétaire de la Coalition pour la justice climatique, demande en substance à ce qu'il soit renvoyé, comme un geste pour la planète :

« Si le président continue de soutenir ce ministre, on n'obtiendra pas les résultats escomptés pour lutter contre le dérèglement climatique. Il aime affirmer qu'il croit au changement climatique tout en ignorant ce que les scientifiques nous recommandent de faire pour lutter contre. Mantashe essaie de faire construire de nouvelles centrales à charbon alors qu'on ne peut pas se le permettre. »

Gwede Mantashe prévoit aussi le recours aux énergies renouvelables : des panneaux solaires et des éoliennes. Mais c'est insuffisant et trop lent à mettre en place selon Liz Mcdaid, de l'ONG Green Connection : « On a d'excellentes ressources solaires et éoliennes, et pourtant, on a un ministre de l’Énergie entêté qui regarde en arrière. »

Gwede Mantashe s'oppose à un basculement trop rapide vers les énergies renouvelables. Il parle même d'un risque de destruction de l'économie pour la région minière du Mpumalanga. Un scénario catastrophe alternatif, sans évocation du climat.

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