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Union européenne

Les pays d’Europe centrale frappés par la crise

Manifestation dans la ville de Bucarest en Roumanie contre les récentes mesures gouvernementales, le 31 mai 2010.
Manifestation dans la ville de Bucarest en Roumanie contre les récentes mesures gouvernementales, le 31 mai 2010. Reuters/Radu Sigheti
Texte par : Patricia Lecompte
5 mn

Un à un, tous les pays européens adoptent des mesures de restriction. L’objectif étant de remettre les finances publiques en ordre. L'heure est à la rigueur et les pays d'Europe centrale et du Sud-Est n'échappent pas à ce régime. Ce sont les économies les plus fragiles qui paient le plus lourd tribut. On le voit par exemple en Roumanie, où lundi 31 mai des dizaines de milliers de fonctionnaires étaient en grève pour manifester contre le plan d'austérité du gouvernement.

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Les fonctionnaires roumains devront se serrer la ceinture puisque les responsables politiques ont annoncé une baisse des salaires dans la fonction publique de 25%, ainsi qu'une diminution de 15 % pour les retraites et les allocations chômage. Depuis lundi 31 mai, les enseignants et les salariés de l'administration sont en grève illimitée. En Bulgarie les autorités ont décidé de baisser de 20% les dépenses des administrations, en Hongrie c'est le 13ème mois qui est supprimé, enfin, plus au nord les Lituaniens ont déjà connu en 6 mois deux baisses consécutives.

Tous ces pays ont tissé des liens commerciaux et financiers avec l'Europe de l’Ouest, elle-même frappée par la crise, par conséquent ils en subissent les effets. Actuellement 25% des exportations grecques vont vers les pays d’Europe du Sud-Est, notamment Chypre ou la Bulgarie. Réciproquement, 6% des exportations de la Bulgarie vont vers la Grèce, ainsi que 10% de ceux de la Macédoine et 20% de Chypre.

Retour des migrants

Pour Alexandre Vincent, spécialiste de l'Europe de l'Est chez BNP-Paribas, ces économies très ouvertes se retrouvent très exposées : « Ces pays sont tributaires de leurs exportations à destination de l’Europe occidentale, donc tout élément conjoncturel affectant l’Europe à un impact sur eux. Au moment où la crise a frappé, on avait des économies qui étaient en plein rattrapage, ce qui fait que les ajustements à réaliser étaient de très grande ampleur provoquant des contractions de la production en 2009».

Au-delà de l’impact sur les échanges commerciaux, le marché du travail est directement touché. De nombreux migrants partis travailler à l'étranger rentrent dans leurs pays, venant gonfler les rangs des demandeurs d'emploi. En Grèce, les Albanais représentent la première communauté de travailleurs étrangers. C’est le cas en Roumanie et en Slovaquie. Cette main d'œuvre est souvent employée dans des secteurs comme le bâtiment ou encore l’automobile, activité dans laquelle certains pays de l’Europe de l’Est se sont spécialisés et qui est aujourd’hui durement touchée. Ce retour au pays est également un manque à gagner pour les familles, puisque les nombreux migrants venant des Balkans opéraient régulièrement des transferts d’argent qui vont se tarir.

La crise qui touche certains pays de l’Europe de l’Est, comme la Roumanie, la Bulgarie, n’est pas entièrement liée à la crise de l’euro. Elle a commencé avec la crise financière et économique de 2008 et s’est aggravée avec la crise grecque. La Grèce joue un rôle économique primordial dans la région. De nombreux pays sont dépendants des investissements ….et des banques grecques ! L’importante implantation des banques helléniques dans la région fragilise encore un peu plus l’équilibre économique. Elles représentent environ le quart de l’activité : 28% en Bulgarie, 27% en Roumanie et 25% en Turquie.

La Pologne : l’exception qui confirme la règle

La Grèce a terni l'image des futurs candidats à l’entrée dans la zone euro. Avec ses comptes peu fiables la Grèce entame la confiance de Bruxelles à l’égard des pays d’Europe centrale. Selon Jacques Rupnick, directeur de recherche à sciences Po, spécialiste de l'Europe de l'Est, Bruxelles risque de durcir les contrôles. « Les critères seront d’autant plus scrupuleusement vérifiés que l’on a adopté une attitude très laxiste à l’égard des pays du Sud. Donc l’Est va subir la rigueur. »

La Pologne fait figure d'exception : bonne élève, elle est la seule de l'Union Européenne à afficher une croissance en 2009 et devrait croître encore en 2010. Elle a déjà mis en œuvre depuis 3 ans des plans de rigueur, c'est pourquoi sa situation est différente. De plus elle a pu progresser grâce à une forte demande intérieure.

Il semble que les gouvernements ont compris qu'il n'est plus possible de vivre au dessus de leurs moyens, c'est la grande leçon de la crise grecque. Pour preuve, les élections tchèques viennent d’avoir lieu ce week-end, avec pour thème majeur de la campagne électorale la réduction des déficits et la nécessité d’avoir des finances à l'équilibre.
 

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